Publié le 6 mai 2024

Au début des années 2000, l’association des Amis du Musée maritime a souhaité développer un atelier de restauration de dériveurs dont les plans sont antérieurs à 1965 (avènement des matériaux plastiques composites).

L’objectif était de constituer une collection unique de ces petits bateaux qui ont été les déclencheurs de la plaisance actuelle, de les faire inscrire au titre des monuments historiques, et de les donner à la ville de La Rochelle pour qu’ils soient exposés dans son Musée maritime.

À ce jour, près de 80 bateaux sont en notre possession, 33 sont restaurés et 41 sont inscrits aux monuments historiques.

Ces bateaux nous sont parfois parvenus en mauvais, voire en très mauvais état, et il nous a semblé important de respecter un protocole de restauration que vous trouverez ci-dessous pour les remettre dans un état le plus proche possible de leur neuvage.

1/ ÉVALUATION DE L’ÉTAT DU VOILIER

Elle inclut l’inspection globale de la coque, du pont et des structures en contreplaqué ou en bois qui auront été décapées au préalable. Elle passe par un bon diagnostic pour identifier (en les sonnant) les éléments mal fixés et les parties abîmées ou manquantes. Cette observation devra être comparée aux plans d’origine du bateau.

Les varangues, les membrures, les barrots, le puits de dérive, la quille, les bordées, les listons et les clous assurant la fixation feront l’objet de la plus grande attention. Si un démontage de certaines parties du voilier est nécessaire, il devra être précédé de prises de photos afin de s’assurer que le remontage sera conforme à l’état original. L’accastillage ainsi que l’ensemble du gréement seront examinés après dépose.

2/ Démontage

Une fois l’évaluation terminée, il sera souvent nécessaire de démonter certains éléments du bateau, sains ou en mauvais état, pour accéder aux zones à restaurer ou changer les pièces endommagées. Il est fré-quent qu’un bateau en bois manque de raideur dans les hauts. Il sera donc pru-dent de renforcer provisoirement la liai-son transversale. Là encore, des photos préalables s’imposent. Les anciens clous rouillés seront si possible retirés.

3/ Réparation des structures et de la coque

Les zones endommagées de la coque seront réparées en conservant les parties saines. Les membrures ou les autres éléments de la charpente abîmés seront changés ou restaurés en appliquant, chaque fois que c’est possible, la technique du scarf. Le puits de dérive, élément délicat, sera démonté et remonté en s’assurant de la bonne étanchéité des jonctions avec la quille. Les trous laissés par les clous rouillés seront mastiqués par de l’époxy chargé ou mieux par des tapons.

4/ Traitement de la coque

Une fois les réparations terminées, il est important d’appliquer une solution antifongique avant un primaire puis 2 couches de peinture.

5/ Examen de l’accastillage

Les taquets et l’ensemble du gréement, mât, étai et haubans, voiles, drisses et écoutes comprises, seront nettoyés, réparés voire lustrés avant mâtage dans l’atelier.

Il convient de noter que chaque dériveur a sa propre histoire et son constructeur, parfois amateur. Il faudra en tenir compte dans la restauration comme cela a été le cas pour le Moth Haag, reçu à l’état d’épave et restauré par l’atelier entre 2020 et 2021.

Et puis, sur l’eau…

Ces bateaux, une fois restaurés, sont exposés dans le musée maritime et participent à des rassemblements valorisant le patrimoine maritime.

Le Trophée Michel Rouillé, qui s’est déroulé les 1er et 2 juillet 2023, a été l’occasion de faire évoluer 23 de nos bateaux aux côtés d’une quinzaine d’autres participants invités à cet évènement.

L’atelier est ouvert à tous. Venez nous rencontrer et participer à ce travail de restauration.