Un chant de baleiniers dont les paroles seraient issues du carnet d’un marin américain, George Piper, embarqué sur un baleinier de 1844 à 1872. Mise en musique par Joanna Colcord (USA) en 1924. Reprise en français par Les Marins d’Iroise.
Ce qu’évoque ce chant
Au milieu du XIXᵉ siècle, les armateurs font construire des trois mâts conçus pour la chasse à la baleine. Les équipages partent en mer pour une durée de 4 à 6 mois.
L’investissement est très rentable : la graisse des baleines est transformée en huile (pour l’éclairage) et les fanons se transformeront en « baleines » de parapluie ou pour guinder les corsets des belles de l’époque.
La chasse commençait dans l’Océan Arctique à la limite des glaces (le Kamtchatka est situé à 57°N), puis les flottilles de baleiniers suivaient la migration des baleines vers le sud, jusque sous le tropique du Cancer (23°26’N). Là s’arrêtait la saison de chasse et dans la baie du port baleinier de Lahaina (île de Maui) pouvaient se retrouver jusqu’à 400 navires au mouillage dont les équipages profitaient enfin des plaisirs terrestres…
Maui est une île de l’archipel d’Hawaï (127 îles et îlots) dans le Pacifique Nord.
Paroles
La vie est bien dure, les baleiniers, on aimerait bien accoster
La tempête fait rage, on crève de froid, tombe la neige du Kamtchatka.
En hissant les voiles et larguant les ris, cinglons vers la vieille Maui.
Sur ce vieux rafiot, buvons du tafia et rentrons chez nous les gars.
Refrain
Rolling down to old Maui, me boys (descendons vers le sud…)
Rolling down to old Maui
We’re home ward bound from the Arctic ground (nous rentrons des terres arctiques)
Rolling down to old Maui
Nos mâts et nos vergues, pris dans la glace, le vent nous gerce la face
Sur la mer arctique, les ponts sont gelés, nous glissons comme des damnés.
Nous quitterons ce froid et ces vents maudits pour revoir la vieille Maui.
Adieu les baleines et la mer glaciale, cinglons vers les tropicales.
Refrain
Les vergues fendues, bômes arrachées, notre chasse est terminée.
Ah ! Comme ils sont chauds ces vents alizés pour les pauvres baleiniers.
Nous aurons bientôt des vents favorables pour rejoindre la vieille Maui.
Là-bas, dans nos îles, mouillés dans la baie, nous pourrons enfin chanter.
Refrain
Et dans les tavernes, les filles aux yeux noirs sauront nous rendre l’espoir.
Nos cœurs en tressaillent, nous ferons ripaille et sèmerons la pagaille.
Bercés dans les bras des filles d’Ohaii, nous chanterons la vieille Maui.
Reçus comme des rois à notre tour, nous saurons parler d’amour.
Refrain
