Article d’Yves Gaubert, dans Joshua, cinquante ans d’histoire, LDA n° 65, automne 2012
Raconter comment Joshua a rejoint la flottille du Musée maritime, c’est raconter une belle histoire d’amitié.
Début 1990, Emmanuel de Toma, alors rédacteur en chef adjoint de Voiles et Voiliers, prévient Patrick Schnepp qu’il a retrouvé Joshua à Seattle (côte ouest des USA). Le ketch appartient à Johanna Slee1, il a été restauré et il navigue. Une amie française de Johanna, Virginie Connors, lui apprend l’histoire du bateau et la propriétaire souhaite qu’il soit acheté par un musée français.
Nous n’avions pas d’argent

« Nous n’avions pas l’argent », indique Patrick Schnepp. « J’en ai parlé à Jacques Bourdin et à Michel Mercadier, un de mes amis, promoteur immobilier. En attendant, nous avons pu bloquer la vente en proposant 50 000 Francs venant de l’association des Amis. Puis, lors d’un voyage dans le Bordelais organisé par Michel Mercadier, j’ai eu la bonne surprise de recevoir un beau cadeau, un chèque de 350 000 Francs permettant d’acheter Joshua et de le rapatrier en France ».
Joshua arrive au Grand Pavois
Philippe Joussemet, expert maritime, s’occupe de le faire charger sur un cargo. Le ketch arrive à La Pallice quelques jours avant le Grand Pavois. Le voilier est mâté avec l’aide de Jean-Pierre (de Notre Dame des Flots). Bernard Moitessier est invité à revoir son bateau. Il arrive et pour lui, c’est le flash, toutes les années passées à bord défilent dans sa tête. Après avoir hésité, Bernard accepte de rejoindre le Grand Pavois à la barre de Joshua. C’est un moment d’intense émotion pour lui et les milliers de spectateurs massés sur le quai. Bernard est rassuré, il sait qu’avec le Musée maritime et les Amis, Joshua va continuer à allonger les milles.

- En décembre 1982, avec son ami suisse Réto, Joe Daubenberger, un jeune Américain, avait aidé Bernard Moitessier à remettre à flot son ketch drossé par un coup de pampero en baie de Cabo San Lucas, au Mexique. La coque cabossée, les mâts arrachés, l’intérieur saccagé, Joshua n’était plus qu’une épave et le navigateur, découragé, le céda à ses amis pour une poignée de cacahuètes – on parle de 20 $. Deux ans plus tard, Joe et Reto avaient achevé la restauration du ketch, puis, après deux ans de navigation dans le Pacifique Nord, l’avaient revendu à Johanna Slee, qui le céda à son tour au musée maritime de La Rochelle. Information trouvée sur le site web du Chasse-Marée ↩︎
