Illustration extraite de la couverture du livre
- Auteur : Bernard Moitessier
- Genre : autobiographie
- Éditeur : Arthaud 1993, Guérin 2002
- Disponible à la bibliothèque des Amis : oui
Après l’écriture de trois best-sellers relatant ses épopées à la voile, Bernard Moitessier consacre les neuf dernières années de sa vie à écrire ce livre testament. Il y dévoile ce qui a fondé l’aventure de sa vie, un peu à la façon d’un puzzle. Homme libre, il n’hésite pas à tout « essayer », c’est « Tamata » en tahitien, et il cherche et finit par trouver l’harmonie avec l’univers, c’est « l’Alliance ».
Pourquoi j’ai aimé ce livre.
Par Jean-Alain Berlaud – Dans ses précédents ouvrages, tout en racontant ses captivantes aventures maritimes, Bernard Moitessier évoquait un voyage intérieur nourri des bienfaits de la culture indochinoise de sa jeunesse, mais aussi traumatisé par la guerre d’indépendance. Dans « Tamata et l’Alliance », il se livre à nu, assumant une liberté choisie, faite de galères et de résilience. Personnage complexe, il fuit la société, mais il veut participer à l’évolution du monde. C’est un message d’humanité et de solidarité qui nous dit qu’aucun rêve n’est totalement utopique.
Prendre le large, aller voir derrière l’horizon : plusieurs générations de « voileux » se sont identifiées à ce marin-écrivain hors norme, prônant une navigation simple et sobre, sans sophistication. « Tamata et l’Alliance » nous livre le côté intime et complexe de l’auteur : sa communion avec l’univers, son esprit torturé, sa spiritualité, ses engagements, sa générosité et son humanité.
Résumé
Né en Indochine, Bernard est élevé dans une famille de la bourgeoisie coloniale. À Saïgon, ni l’école, ni la prospère entreprise commerciale de son père ne l’intéressent. Ce n’est qu’aux vacances dans un village du golfe de Siam qu’il s’épanouit avec ses copains annamites (les vietnamiens actuels), menant une vie sauvage, chassant au lance-pierre et s’initiant à la navigation avec les pêcheurs locaux. C’est là qu’il va acquérir son esprit pratique et son sens marin, mais aussi une forme de spiritualité. Hélas, la violence de la guerre contre le Viêt Minh va anéantir cet amour viscéral pour l’Indochine et le décider à la quitter définitivement, pour découvrir le monde au gré du vent. Seul responsable de sa vie en mer, il parvient à oublier les drames dont il a été témoin et ressentir enfin l’harmonie recherchée avec le vent, la mer, les étoiles, les oiseaux et les îles lointaines, « l’Alliance ».
« Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l’ont construit avec leurs rêves »
Cependant, son esprit reste torturé par le souvenir de l’Indochine, les remords, ce qu’il nomme ses dragons. Et à chaque naufrage, dont il endosse toute la responsabilité, le doute s’installe. Mais sa vitalité tournée vers l’essentiel lui permet toujours de rebondir, grâce à la solidarité des amis de rencontre. C’est avec Joshua en Polynésie, après « la longue route » qu’il retrouve sur un atoll son lien à la terre, vivant en Robinson, pionnier en écologie et en s’engageant contre l’arme nucléaire. À la fin de sa vie, alors vaincu par la maladie, « la Bête », il retrouve son village au Vietnam : la boucle est bouclée.
Biographie (cliquer pour voir)
- Né à Hanoï le 10 avril 1925. Décédé le 16 juin 1994 en région parisienne.
- Inhumé au cimetière du Bono, dans le golfe du Morbihan.
- Ses compagnes :
- En Indochine : Marie-Thérèse, en Afrique du Sud : Joyce, en France : Françoise, avec laquelle il s’est marié, en Polynésie : Ileana, maman de son fils Stephan, en Polynésie et en Bretagne : Véronique.
- Ses bateaux :
- Snark : 1950-1951, ancien bateau de pêche de Bornéo, avec son ami Deshumeurs.
- Marie-Thérèse : 1952, jonque en bois gréée en ketch aurique, naufrage à Diego Garcia (Chagos).
- Marie-Thérèse II : 1955-1958, ketch en bois à gréement marconi, construit par Bernard Moitessier à l’île Maurice, naufrage à St Vincent (Antilles).
- Joshua : 1961-1982, ketch en acier de 12 m du chantier META, naufrage à Cabo San Lucas (Mexique).
- Tamata : cotre de 10m construit en 1983 au chantier Rick Wood (USA), toujours à flot en Polynésie.
Bibliographie (cliquer pour voir)
- Bernard Moitessier. Vagabond des mers du Sud. Flammarion 1960. *
- Bernard Moitessier. Cap Horn à la voile. Arthaud 1966. *
- Bernard Moitessier. La longue route. Arthaud 1971. *
- Bernard Moitessier et Véronique Lerebours . Voile, mers lointaines, îles et lagons. Arthaud, Flammarion, édition posthume, 1995. *
- Dominique Charnay. Moitessier, le chemin des îles. Glénat 1999. *
- Françoise Moitessier. 60000 milles à la voile. L’ancre de marine 2004. *
- Véronique Lerebours. Bernard Moitessier au fil des rencontres. Arthaud 2004. *
- Jean-Michel Barrault. Moitessier, le long sillage d’un homme libre. Arthaud 2014. *
- Gérard Janichon . Moitessier, dieux et dragons. Glénat 2015. *
- Thierry Dalberto. Joshua, histoire d’un bateau mythique. Bookelis 2022. *
- * disponibles à la bibliothèque du carré
- Vidéo en ligne
- Sur la chaîne YouTube des Amis du Musée maritime de La Rochelle
- Le site des proches de Bernard Moitessier :



