Il y a une trentaine d’années, la création de l’atelier Petite plaisance fut comme une évidence. Le musée conservait déjà dans ses réserves quatre petits bateaux : un canoë à voile, un petit dinghy, un Vaurien et un Sharpie 9m².

C’est le don parfait !

Probablement le plus émouvant, car ces délicates embarcations furent souvent l’objet d’un attachement sentimental fort, lié à leur valeur patrimoniale et surtout à leur histoire centrale dans les familles.

En échange, cette générosité nous oblige, parce que les donateurs restent sensibles au devenir de leur don et de sa nouvelle vie espérée. Pour nous commence alors un travail d’évaluation des bateaux qu’on nous propose. Les principaux critères sont l’âge, bien sûr, l’état général et les détails de conception ou de construction qui rendent l’objet unique, au moins peu banal.

Les unités qui ont une histoire emblématique par leur palmarès ou la notoriété de leur barreur nous intéressent particulièrement. Il peut même arriver qu’un bateau à l’état d’épave suscite plus d’intérêt qu’une coque encore bien peinte.

Le P’tit Gars “Petrus” (1953) dans sa grange avant d’être donné aux Amis par Dominique Laurenceau. Photo les Amis.

On comprend leur choix quand on voit appareiller un petit voilier tout pimpant poussé par une brise bienveillante et qu’on se souvient de son arrivée sous la forme d’un modeste « tas de bois » !

Dans l’atelier de restauration, les anciens forment les nouveaux comme le veut la tradition et s’organisent en équipes qui suivent leur chantier jusqu’aux finitions, voire jusqu’aux essais sur l’eau.

Nous avons le temps, la qualité technique du résultat l’emporte sur toute autre considération, et justifie la fierté de nos travailleurs, toujours heureux.

L’atelier Petite plaisance qui au départ n’était qu’une animation marginale est devenue peu à peu centrale à côté de la collecte de la collection, qui d’ailleurs s’alimente toute seule, tant elle est exemplaire et admirée. La partie de la collection aujourd’hui inscrite parmi les monuments historiques compte quarante et une unités, auxquelles il convient d’ajouter une dizaine de nouvelles acquisitions.

Notre mérite principal étant d’avoir réussi à rassembler une flottille qui résume l’effervescence créatrice du vingtième siècle.

Beaucoup d’unités sont navigantes et peuvent rencontrer un public d’amateurs à l’occasion des rendez-vous historiques toujours appréciés.

505 en régate
2008. Le 5o5 en régate. Ph. les Amis