Article de Bertrand Darrieus et Philippe Ecotière
Ce prototype dessiné par Michel Joubert dans les années soixante a été construit dans le logement familial de Meudon avec l’aide de ses frères. Il avait été donné aux Amis en novembre 2011 par l’architecte lui-même, puis inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 2018.
Il ne s’était pas passé grand-chose depuis.
Une équipe à son chevet
Lorsque la décision est prise de le transférer de Chef de Baie vers l’atelier, Philippe Ecotière et moi-même constituons une équipe. Nous sommes à la mi-février 2025.

Un an et un peu plus de 400 heures plus tard, aidés par Claire Germain, Marion Drevet et quelques intervenants occasionnels, le prototype « 530 Joubert » a belle allure.
État des lieux et difficultés rencontrées
Nous avons commencé par documenter l’abondant accastillage en place.
Le plus long a été la reprise d’aspect de la carène et du pont, accompagnée du bouchage de quelques trous – un rongeur avait même élu domicile dans le caisson bâbord après avoir percé le contre-plaqué juste au-dessus du plancher.
La difficulté a été de trouver une approche cohérente pour la restauration de cette unité qui utilise différentes techniques : le bois moulé pour la carène et l’arrondi des caissons, le contre-plaqué pour le pont, les plats-bords et autres parties planes des caissons, et enfin le mat de verre et la résine des années soixante posés probablement pour consolider l’arrondi des caissons.
La restauration
Tout a été décapé lorsque c’était possible, enduit, puis repeint ou vernis : un rouge magnifique pour la carène et un « vert Fiat » devenu « bleu glacier » pour le pont, du vernis pour les fonds. Un morceau a été ajouté à la bôme qui avait souffert d’une « amputation » inexpliquée et une pièce de guibre façonnée par Philippe est venue compléter l’étrave mutilée.
Après un long et fastidieux nettoyage du mât en aluminium, nous sommes passés à la pose de l’accastillage d’origine puis à la confection du gréement courant : palans, écoutes, diverses manœuvres prévues pour les réglages ont marqué le point final de ce chantier.






Émotion et fierté partagées
Nous avons eu par trois fois au cours de l’année la visite de Philippe Joubert. La dernière fois, il était accompagné de son frère Jean-Noël dont l’émotion, en retrouvant son « 530 », était perceptible.
Voilà, nous sommes fiers du résultat. Il ne reste plus qu’à installer ce magnifique dériveur au Musée maritime.
