Illustration extraite de la couverture du livre

En 1967, 15 ans après un premier passage par les Antilles sur leur bateau Oomo et quelques années passées en Afrique puis en Belgique, Louis et Annie Van de Wiele décident de partir un an aux Antilles avec leur nouveau bateau, Hierro, conçu par Louis Van de Wiele qui est architecte naval.

Pourquoi j’ai aimé ce livre.

Par Philippe Alary – C’est un livre de voyageurs qui aiment les Antilles et cela bien avant l’invasion des charters et du tourisme de masse, quand c’était plus une affaire de passion que de mode. Ce ne sont pas les Antilles du XXIème siècle car beaucoup plus authentiques, avec une nature encore préservée et sauvage, avec des gens attachants et des rencontres de marins pittoresques et passionnés plus près de Moitessier que ceux des flottilles de location, aussi des rencontres insolites comme celles avec le Britannia et le Queen Elizabeth.

Résumé

Parti de Zeebruges, Hierro fait route vers Douvres dans des conditions assez musclées. Il en sera ainsi pour la traversée de la Manche et du Golfe de Gascogne. Après avoir longé la côte espagnole depuis Burela puis la côte portugaise c’est ensuite le Maroc pour une escale d’un mois. De là,  Hierro mettra un mois pour rejoindre la Barbade. Ensuite Grenade et c’est le début d’une succession de mouillages dans les îles : Carriacou, Union, St Vincent, Ste Lucie, La Martinique, La Dominique, Les Saintes, La Guadeloupe, Antigua, Montserrat . Puis ce sont les Îles Vierges : de belles rencontres avec des marins de toutes nationalités parfois déjà rencontrés lors de leur précédent tour du monde. C’est ainsi qu’ils feront la connaissance de Henry Wakelam qui leur propose de fabriquer un régulateur d’allure en moins de 24 heures avec les moyens du bord. C’est aussi la dégustation de rhums parfois artisanaux. Après une escale aux Bermudes, c’est la route du retour qui attend Hierro et malgré le mal de mer des premiers jours et une traversée entre grains et calmes, c’est enfin l’arrivée aux Açores . Le retour vers la Belgique sera une succession de calmes.

Le bateau

Hierro est un cotre aurique en acier : longueur hors tout de 9m53 et maître-bau de 3m10 pour un tirant d’eau de 1m40 et un déplacement de 6,60 tonnes. Il est conçu pour deux ou trois personnes, avec une surface de voile de 43 m2. Le moteur est un Sabb de 10ch. Hormis les feux de route et la lampe de table à carte, l’éclairage est au pétrole. L’électronique à bord se résume au sondeur.

Biographie de l’auteure (cliquer pour voir)
  • Née le 18 Octobre 1922 à Gand et décédée le 18 avril 2009 à Miradoux (F)Annie et Louis Van de Wiele sont belges.
    Après une traversée entre l’Europe et Tahiti comme équipiers à bord de Fleur d’Océan, ils font un tour du monde avec un ami, Fred Debels, à bord de leur bateau Omoo, ketch en acier de 13m80. Ce sera l’histoire de « Pénélope était du voyage ». Suivent cinq ans en Afrique puis quelques années en Belgique.
    Hierro est vendu à Loick Fougeron qui le rebaptise Captain Browne et participe au Golden Globe Challenge de 1968.
    Annie Van de Wiele reçoit en 1992 la médaille des Justes parmi les nations pour avoir sauvé des Juifs entre 1940 et 1945.
Bibliographie (cliquer pour voir)
  • Ouvrages
    • Pénélope était du voyage 1954 Flammarion, 1977 Arthaud, 1996 Hoëbeke
    • Au fil de l’étrave  Arthaud 1968 Hoëbeke 1999
    • La Korrig, 10 ans d’école de croisière 1979 Arthaud
    • Cabotage 1998 Hoëbeke
    • Fleur d’océan 2002  Hoëbeke
  • Vidéo en ligne



L’association publie à l’occasion de ses 40 ans une brochure qui, pour la première fois, offre un regard exhaustif sur quatre décennies de mémoire maritime en action à La Rochelle.

Vous y (re)découvrirez l’origine de l’association et son rôle dans la naissance du Musée maritime en cinq grands chapitres, comment a été constituée la collection de Petite plaisance de loisirs, les récits autour de Joshua et Damien, les chants de marins, les témoins de cette histoire, les enjeux d’aujourd’hui pour les Amis, avec de nombreuses photos et illustrations.


Les auteurs et autrices d’articles et de billets : Amiral François Bellec, Thibaud Guiraud, Jean-François Fountaine, Cristina Baron, Christian Maréchal, Yves Gaubert, Jean-Yves Gallet, François Frey, Nicole Chevalier, Martine Acerra, Christian Marbach, Alain Barrès, Marie Guélain, Gérard Janichon, Jean-Alain Berlaud, Paul Bonnel, David Balkwill, Jean-François Garenne, Philippe Deracourt.

Iconographie : Gilbert Maurel, archives des Amis et d’Yves Gaubert, Fonds audiovisuel de recherche, atelier photo des Amis.


Comment acheter

Brochure de 72 pages, 22 x 27, 12 €. Retrait au Carré des Amis (gratuit) ou envoi postal (5,50 €)


Feuilleter la brochure

Ou comment trois équipiers des Amis se retrouvent à l’eau dans des déferlantes…

Vendredi 21 Juin 1985 17H00, à La Rochelle

Après un court voyage en train, nous arrivons, Jean-Pierre et moi, au port des Minimes. Jean-Pierre est assez fatigué car il a dû travailler le matin depuis 4 heures, mais je pense que la fatigue est vite oubliée lorsqu’il s’agit de partir cinq ou six jours pour une mini‑croisière en voilier.

Envie de mer

Personnellement, j’étais impatient que ce jour arrive : en effet, cela faisait un mois et demi que je n’avais pas mis les pieds sur un voilier, ce qui pour moi est une éternité. Malheureusement, cette éternité se reproduit souvent.
Nous partageons cette même passion qu’est la mer avec Jean-Pierre, depuis cinq ou six ans. Et je me vois mal partir en mer sans lui, j’ai l’impression qu’avec lui le plaisir de naviguer est plus intense, qu’il ne peut rien nous arriver de grave. Je pense, mais je peux me tromper, que nous formons un « bon équipage ». Nous avons des caractères qui, bien que différents, s’accordent bien, jamais un mot plus haut que l’autre, nous nous comprenons presque sans paroles, lui plutôt taciturne, moi plutôt gai luron, la moyenne est bonne.
Nos opinions convergent également en ce qui concerne la vie à bord. Nous aimons bien que celle-ci soit différente de tous les jours, par exemple: pas de souci pour la qualité de la bouffe, ni pour l’hygiène.

Cette fois-ci, le programme est le suivant : « convoyer » le bateau d’un ami, Dominique, de La Rochelle à Agen par le canal du midi, expérience nouvelle pour nous. Nous allons devenir des marins d’eau douce à partir de Royan. Dominique a projeté de passer l’été aux Baléares, joli programme pour les veinards qui vont en profiter.

Jangada et son équipage

Il faudrait peut-être que je pense à vous parler du personnage principal de cette histoire. Il se nomme Jangada1. C’est un joli sloop de 10,50 mètres, construit en bois moulé, saturé d’époxy, en français on dit West System. C’est un bateau qui ne passe pas inaperçu, sa coque est en acajou, ça ne court pas les rues, ni les ports. Et, ce qui ne gâte rien, un « canot » qui marche bien, surtout au portant, nous avons eu l’occasion de nous en rendre compte.

En arrivant à bord ce vendredi après-midi, Marie nous attendait en compagnie de son « petit frère » (1,80m). Malgré tout le chargement pour trois mois, elle avait aménagé merveilleusement le carré. Bibliothèque, cassettes, fleurs, c’était vraiment très accueillant, à défaut d’être très marin. On va encore me dire que je suis un grincheux
Un peu plus tard dans la soirée, alors que nous finissions de dîner (encore bravo Marie), est arrivé le reste de l’équipage. D’abord Lili, petit bout de femme marrante, apparemment sympathique, confirmé par la suite. Puis Jean-Michel son mari, dit John (pourquoi pas ?), un pince-sans-rire, maniant un humour particulier, assez fin, ce qui n’est pas pour me déplaire. L’ambiance me semblait donc favorable.
Et puis, avec deux nanas à bord et un petit jeune (Bernard, frère de Marie) il va falloir se surveiller et ne pas dire de gros mots — c’est une boutade. Mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas comme sacrifices pour passer cinq jours sur un bateau?

Samedi 22 Juin 1985 8H00, départ

Appareillage, direction Royan, après un petit déjeuner vite avalé, la distance à parcourir étant assez longue, il ne faut pas perdre de temps. Jean-Pierre grée le bateau, grand-voile, lattes, drisses, écoutes etc.

Quant à moi, je trace la route : louvoyante jusqu’à Chassiron (vent de Nord-Ouest) cap 180° jusqu’à la bouée 2 du chenal de la Gironde, puis chenal jusqu’à Royan, soit environ 65 milles dont la plus grande partie au portant. Si tout va bien, on devrait être vers 17H au port.

La météo est favorable (5 à 6 de Noroît, grande houle d’Ouest, mer agitée), un temps tout à fait raisonnable pour Jangada .

Larguez les amarres

Chacun s’affaire ça et là, aidant qui en a besoin et vive-versa. Jean-Pierre nommé skipper à l’unanimité par Marie lance le grand mot

Larguez les amarres

Nous sortons tranquillement du port des Minimes au moteur et on envoie la toile, grand-voile à un ris et génois enroulé à moitié. Il ne faut pas trop bousculer l’équipage qui est tout de même peu expérimenté, sinon pas du tout en ce qui concerne Bernard. En effet, après seulement deux à trois milles et malgré une mer peu méchante (léger clapot), nous entendons deux ou trois membres de l’équipage appeler Raoul (connais pas), rien de grave, il faut bien s’amariner.

Après avoir tiré quelques bords, nous arrivons dans le pertuis d’Antioche dans le 90 du phare de Chassiron. A ce moment, la mer devient plus forte et surtout la houle plus prononcée.
Le bateau marche très bien, ce qui n’est pas le cas des équipiers qui tombent comme des mouches. Moi-même j’ai quelques nausées vite guéries à l’aide d’une sardine, une pomme, un coup de vin rouge et une cigarette humide. Jean-Pierre, lui, se porte comme un charme, frais comme un bébé qui vient de naître. Faites le compte, l’équipage est réduit à deux personnes lorsque nous abattons en direction de Royan (cap 180).
Tout va très bien, le bateau file comme une balle, sans faire d’embardées malgré la grosse houle, quelquefois impressionnante. Lorsque je suis à la barre, je ne vois pas venir les vagues et, de temps en temps, Jean-Pierre me dit « Attention! Voilà un mur ! ». Enfin, tout se passe dans la bonne humeur, bref c’est le pied.

Une belle balade vers Maumusson

La côte sauvage de l’île d’Oléron défile à la vitesse grand V, le speedo est toujours entre sept et huit nœuds, quel plaisir ! C’est le grand soleil, il fait chaud, on commence à enlever une partie du ciré. Nous croisons quelques bateaux qui remontent sur La Rochelle et qui, eux, souffrent en navigant au près, alors que nous glissons sur des rails comme des pachas.
Cela met un peu d’animation et nous voyons des têtes émerger de la descente. Bientôt tout le monde est sur le pont. Le soleil et le spectacle des autres bateaux ont dû attirer Marie, Lili, Jean-Mi et Bernard, ils ont l’air en meilleure forme. Chacun trouve sa petite place et ça continue comme ça jusqu’au pertuis de Maumusson2.

Au loin, des déferlantes

Tout le monde s’émerveille de la beauté du paysage, cette mer assez forte sous ce beau soleil, c’est vraiment magnifique. Nous apercevons au loin, légèrement sur bâbord, des franges d’écume qui indiquent qu’à cet endroit la mer déferle. C’est encore plus beau.

Nous apercevons le phare de la Coubre et de hautes antennes radio, amers remarquables. Je profite que la descente n’est pas trop encombrée pour aller faire un point, cette frange d’écume m’inquiète un peu.

En effet, d’après mon point, cet endroit correspond au banc de la Mauvaise, mais en suivant notre cap, nous devons passer à l’Ouest de ce banc où les fonds sont suffisants. Nous continuons donc comme ça et je remonte me faire dorer au soleil, Jean-Pierre est à la barre.

Samedi 22 Juin 1985 15H30

Dans les déferlantes

Tout le monde est toujours sur le pont alors que la mer, sans vraiment forcir, commence à déferler et à jaunir. Le bruit des déferlantes est de plus en plus assourdissant. Nous sommes comme hypnotisés par le spectacle, c’est dantesque. Le bateau se comporte toujours très bien, mais ça commence à « faire fort ». Nous sommes à peu près dans le 270 du phare de la Coubre.

Je redescends faire un point car je doute de mon point précédent.

Après deux relevés vite faits, je remonte dire à Jean-Pierre que nous sommes bien où je pensais, c’est-à-dire à l’extrême Ouest du banc de la Mauvaise.

Soudain, une vague monstrueuse

C’est à ce moment précis où j’ai la tête qui dépasse à peine de la descente que je vois une énorme vague à pic (7 à 8m) arriver derrière nous. Dans ce cas-là, ce n’était plus un mur, mais un immeuble. Je crie à Jean-Pierre d’abattre et je redescends quatre à quatre en refermant le capot au- dessus de ma tête. Je suis persuadé que l’on va ramasser un gros paquet de mer et que l’on va être sacrément rincés.
Mais Jean-Pierre n’a pas le temps ou ne peut pas réagir assez vite, nous recevons des tonnes d’eau dans le cockpit et sur tout le bateau. La vague nous emmène comme un fétu de paille et fait rouler Jangada comme un simple jouet sur une plage.

Chavirage

Je suis toujours à l’intérieur lorsque nous chavirons, je me retrouve la tête en bas entre les portes de la cabine arrière et de la salle de bains. Dans un bruit d’enfer tout ce qui était à l’intérieur du bateau sur tribord va rejoindre les fonds qui sont pour l’instant au plafond. Et puis d’un seul coup, grand silence, tout est vert foncé à l’intérieur du bateau.
Je prends conscience que nous sommes retournés, le mât est à environ 45° dans l‘eau, d’après mon estimation, et je me surprends à compter le temps qu’il faudra pour que le bateau se redresse. La réputation de stabilité des dériveurs intégraux n’est pas très bonne, voilà une excellente occasion de le vérifier par moi-même.
Et, pan sur le bec ! Jangada se redresse en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le mât est encore à l’horizontale lorsque je bondis à l’extérieur pour voir les dégâts, on a sûrement démâté. Eh bien non !

Trois équipiers à l’eau !

Mais il y a plus grave, trois équipiers sont à l’eau, tout près du bateau, Jean-Pierre leur crie de s’accrocher. A ce moment-là, le bateau se redresse d’un seul coup et démarre comme un bolide, toutes voiles au vent. Je saute au pied du mât pour affaler la grand-voile qui est légèrement déchirée, je laisse tout en vrac sur le pont, je descends dans le cockpit pour enrouler le génois à la vitesse de l’éclair, je dégringole la descente pour démarrer le diesel, une fois, deux fois, trois fois, il ne part pas. Bon Dieu! On est foutus!
Je crie à Jean-Pierre de pousser l’accélérateur à fond et j’essaie une quatrième fois, il démarre, Ouf! Merci M. Volvo.
Je remonte comme un fou et demande où ils sont, Lili me les montre, ils sont loin. J’avoue qu’à ce moment-là, je n’avais aucun espoir de les récupérer. Ce sont Marie, Bernard et Jean-Mi qui sont dans le patouillas. Jean-Pierre vire entre deux déferlantes et, diesel à fond, se dirige vers les naufragés. Il arrive près d’eux, mais la manœuvre est dangereuse car nous risquons de les écraser avec le bateau ou de les blesser avec l’hélice.

Récupération d’un premier équipier !

Au premier passage, Jean-Pierre réussit à se laisser dériver sur eux (ils sont groupés). A ce moment-là, je me trouve accroché de tous mes membres aux haubans. Par miracle je réussis à attraper la main de Bernard, qui veut aussitôt me lâcher pour rattraper son K-way. Quelle idée ! Tout à coup, je vois arriver une nouvelle déferlante, énorme, je ne sais pas trop comment, mais j’attrape Bernard par la ceinture et le hisse à bord. Juste à l’instant où il s’accroche à bord, la vague nous couche une deuxième fois, à l’horizontale seulement et je bois une tasse monstre. Lorsque Jangada se redresse, je hurle à Jean-Pierre que je tiens Bernard et qu’il peut remettre les gaz. Je fais descendre Bernard dans la cabine, ouf ! Un de sauvé ! Et on repart pour un tour.

Et de deux…

Mais cette fois-ci, ça va moins bien, malgré deux ou trois tentatives, Jean-Pierre n’arrive pas à les approcher suffisamment. Il décide, alors qu’ils ne sont pas très loin, de leur envoyer la survie. Cela n’est pas très orthodoxe, mais ça réussit puisque Jean-Mi et Marie réussissent à la gonfler et à s’y accrocher. Jean-Pierre tente un énième passage en me disant que c’est maintenant ou jamais, il prend tous les risques. Alors que nous arrivons près du bib, je leur lance un bout qu’ils manquent la première fois. Sans m’affoler, je love le bout comme il faut et je recommence. Cette fois ça marche, je hale le bib près du bateau et j’attrape Jean-Mi.

Et de trois !

Malheureusement, dans le choc avec le bateau, Marie tombe à l’eau et le bib s’en va à la dérive à toute vitesse. Marie a tout de même réussi à s’accrocher au bout mais elle n’a plus de force ( et moi non plus) pour se hisser. Je lui crie de se laisser glisser vers la jupe arrière, mais elle a peur de l’hélice ou de lâcher le bout. A force l’exhorter à l’aide de Jean-Mi, elle se laisse glisser et parvient à la plage arrière où nous la hissons à trois, Jean-Pierre, Jean-Mi et moi. Elle n’a plus de force, c’est une poupée de chiffons. Il était temps !

Quand elle a été à bord, je crois que je l’aurais embrassée (je l’ai peut-être fait ?). Tout ce cirque a dû durer environ 30 minutes. Que c’est long !

Bateau en détresse

Maintenant que Marie, Bernard et Jean-Mi sont à l’intérieur du bateau, nous commençons à reprendre nos esprits. Lili est toujours avec nous dans le cockpit et malgré notre insistance, elle refuse de descendre dans la cabine, elle est comme rivée au balcon arrière. A part le moment où Jean-Mi est tombé à l’eau — et je la comprends — son comportement a été excellent, sans cris, sans affolement, bravo. Pendant tout le temps du repêchage de nos trois équipiers, nous n’avons pas trop prêté attention à l’état de la mer, mais celle-ci est toujours, sinon plus, monstrueuse : des creux de 6 à 7m rapprochés de 50 à 100 m et presque toutes des vagues déferlantes. Ça fume de partout et le bruit est démentiel.

Je ne nous vois pas encore sortis de là. C’est à ce moment que je me jure de ne jamais remettre les pieds sur un bateau, ni de m’intéresser à tout ce qui concerne la mer de près ou de loin. Si je m’en sors, ce dont je ne suis pas absolument convaincu.
Marie et Lili nous suggèrent de faire partir les fusées rouges pour demander du secours. Ni Jean-Pierre ni moi ne pensons que ce soit très utile, en effet, qui pourrait venir nous aider dans une bouilloire pareille ? A part un hélico, mais pour nous il n’est absolument pas question d’abandonner le bateau. Jean-Pierre envoie tout de même deux « fusées psychologiques ».

Sortir de là !

Maintenant, il faut sortir de là. Comme nous ne pouvons prendre les vagues que de face, il n’y a pas trente six solutions : direction le large. Ce qui inquiète Lili qui me demande si nous allons nous en sortir. En mentant très bien, je lui réponds que oui, bien sûr.
Cette décision a aussi l’avantage de nous éloigner du banc de la Mauvaise, donc d’aller vers un endroit où il n’y a plus de déferlantes. Nous rattraperons le chenal un peu plus à l’Ouest.
En prenant les déferlantes de face, nous sommes sans arrêt exposés à des douches envoyées avec quelques dizaines de lances à incendie. Je ne compte plus les tasses que je bois, les vagues sont tellement fortes que je suffoque.
À cette allure, Jangada se comporte bien et, malgré des chutes vertigineuses sur le dos des vagues, il ne cogne pas trop fort et les risques de chavirage sont réduits. Bien que quelques fois, en escaladant les vagues, j’ai l’impression que l’on va se retourner en arrière, impressionnant !!

Sortir !

Nous mettrons environ deux heures à sortir de la zone dangereuse. Ce fut long, mais le moral allait en s’améliorant. Nous avons enfin embouqué le chenal de la Gironde et, au portant, nous avons renvoyé le génois aux 3/4 déroulé. Les vagues étaient encore grosses mais ne déferlaient plus. J’ai demandé à Lili, toujours là, de surveiller les grosses vagues venant de l’arrière et de m’avertir pour les plus grosses. J’avais décidé de faire le ménage sur le pont, ce qui est bon pour le moral. De toutes façons, le bateau n’était pas présentable pour rentrer à Royan.
Il m’a fallu environ une heure pour dégréer la grand-voile, amarrer les drisses, regréer une bastaque qui s’était envolée et mettre la bôme à l’horizontale (contrôlée au niveau à bulle d’air presque).
Pendant ce temps, pour arranger la sauce, nous avons ramassé deux violents grains. Il paraît que c’est idéal pour rincer l’eau de mer, brrr !!

Sauvés !

Maintenant nous longeons la côte dans le chenal jusqu’à Royan, nous sommes sauvés. Le mot paraît peut-être un peu fort, mais c’est le sentiment que nous avions tous. Lili, tranquillisée, est enfin descendue à l’intérieur pour se réchauffer. Nous nous regardons avec Jean-Pierre, nos regards nous disent que l’on revient de loin. Il est à la barre depuis quinze heures (il est 20H30), a eu le bras tordu dans le chavirage, mais ne veut pas donner sa place, il dit que ça le réchauffe.

Arrivés à Royan !

Vers 21 h 30 nous arrivons au port de Royan en même temps que la vedette de la SNSM qui a notre survie sur sa plage arrière. Sitôt amarrés, nous allons vers eux pour leur expliquer notre cas et récupérer notre bib. Celui-ci avait dérivé presque jusqu’à la côte.

Ils nous apprennent que trois autres bateaux ont eu des ennuis sur le banc de la Mauvaise, réputé dans la région. Nous sommes ceux qui s’en tirent le mieux. En effet, un bateau a démâté, son équipage a été hélitreuillé, un autre a perdu son skipper, un autre encore a été retrouvé dérivant sans personne à bord. Nous sommes vraiment des veinards3.

Sur la terre ferme

Après quelques pas sur la terre ferme — quel plaisir — nous retournons à bord pour nous sécher et nous changer. C’est seulement à ce moment que je me rends compte des dégâts. L’intérieur du bateau est dévasté et tout baigne dans 15cm d’eau. Quelle catastrophe, c’est décourageant. Il y a du ménage en perspective. Écœurés et habillés de bric et de broc, nous fuyons le bateau pour un hôtel et un restaurant accueillants. Demain il fera jour.
Après un bon dîner qui nous redonne le moral et quelques sourires, nous allons nous coucher au sec dans un hôtel où la propriétaire, très sympathique, nous a déniché de quoi coucher à six. Je pensais mal dormir et faire des cauchemars, mais la fatigue a été la plus forte.

Serment d’ivrogne

Le lendemain, j’ai juré mes grands dieux que je ne remettrai plus jamais les pieds sur un bateau. J’ai voulu changer mes « docksides » contre des charentaises. J’ai même annulé mon abonnement à Voiles et voiliers.

Serment d’ivrogne : quelques années plus tard, j’ai navigué en Polynésie et en Océan Indien. Pour faire bonne mesure, j’ai même enchaîné avec une trans-med et une transat. Pour terminer, quelques navigations pépères sur Joshua et Damien. Enfin, honte suprême, navigations en péniche sur les canaux.

Marin d’eau douce, va !!


  1. Jangada, mot portugais désignant une embarcation traditionnelle brésilienne. La Jangada est aussi un roman de Jules Verne, publié en 1881, où toute une famille descend l’Amazone sur un bateau de ce type. ↩︎
  2. Sur la difficulté historique du passage de Maumusson, voir l’histoire du Régulus ↩︎
  3. En 2024, la passe de Maumusson, considérée comme trop dangereuse a été interdite à la navigation de plaisance ↩︎

Illustration extraite de la couverture du livre

Le tour du monde de monsieur tout le monde sur le bateau de monsieur tout le monde ou l’extraordinaire tournée du facteur Maignan.

Pourquoi j’ai aimé ce livre.

Par Philippe Alary – C’est le récit d’un tour du monde à la voile sur un bateau de série (Sunrise) de 10,70 m par monsieur tout le monde. Alain Magnan n’est pas un professionnel de la voile, c’est un facteur qui a pris six mois de congés pour faire son tour du monde en solitaire et sans escale. Il ne cache rien de ses peurs, de ses moments de découragement, de joies et de peines. Une fois son tour du monde accompli, il reprendra aussitôt sa tournée dans son village de Bretagne.

Résumé

Des galères certes, mais aussi beaucoup d’ingéniosité pour y faire face et cela toujours avec beaucoup de modestie et le souci de préserver le bateau.

Alain Maignan

Le 6 octobre 2006, Alain Maignan quitte le port de la Trinité pour un tour du monde en solitaire et sans escale sur un bateau de série, un Sunrise. Entre moments de découragement et moments de grâce, il va mener son bateau à bon port. Schouten subira son lot de pannes : anémomètre, pilote, moteur (pour recharger les batteries), fuite d’eau, voiles déchirées, drisses cassées. Il partage son aventure avec les élèves des écoles. Il montera sept fois au mât dans les mers du sud, le bateau se couchera sept fois sans dégâts majeurs, preuve de prudence et d’une bonne préparation du bateau. Malgré tout cela, il tient bon et le 11 avril 2007 à 14 h 24 il accoste au ponton Caradec à La Trinité après 185  jours, 22 heures et 2 minutes. Il aura parcouru 26 100 milles.

« – Alors Schouten on rentre direct à la maison ? 
   – Moi, je te suis, je veux bien rentrer
   – On en a assez fait comme ça, tu ne crois pas ?
   – Si tu veux rentrer, on rentre, mais moi, je veux bien continuer, je me plais bien avec toi »


Biographie (cliquer pour voir)
  • Né en 1954 d’une famille d’agriculteurs
  • Facteur à Plélan-le-Grand en Ille-et-Vilaine
  • Premier voilier en 1984
  • Participe en « pirate » à la Route du Rhum de 2002
  • 2006-2007 tour du monde en solitaire en 185 jours
  • 2017 départ de la Trinité-sur-mer pour un tour du monde à l’envers,
    retour forcé en Bretagne suite à un choc avec un OFNI au large du sud de l’Argentine


Bibliographie (cliquer pour voir)
  • Le facteur au long cours, édition l’Ancre de marine, 2007.
  • Ce midi, tu vas te raser et manger ta soupe, Tour du monde est-ouest, édition l’Ancre de marine, 2019.


Associations, particuliers, inscrivez vos bateaux pour ce rendez-vous dans le cadre unique de La Rochelle.



Du nouveau en 2025

L’édition 2025 se transforme en Rallye, après plusieurs éditions du Trophée (retrouvez l’édition 2023). Cette nouvelle formule vise à laisser plus de place à la navigation, à la convivialité et à faciliter la participation du plus grand nombre pour tous les passionnés de petite plaisance et de culture maritime.
Il y aura, bien évidemment, les bateaux qui navigueront ou seront présentés à quai, mais également d’autres activités liées à la mer, à la culture maritime et au patrimoine. Le public rochelais et plus lointain pourra ainsi découvrir la richesse de nos activités.
Une occasion rêvée de présenter vos bateaux, de les valoriser et de partager notre passion dans le cadre unique du Vieux-Port de La Rochelle.


Le programme

Vendredi 6 juin

  • 15 h 00 à 19 h 30 : accueil des participants, remise du livret d’accueil.

Samedi 7 juin

  • 8 h 30 à 10 h 00 : poursuite de l’accueil des participants, remise du livret d’accueil.
  • 10 h 00 : regroupement sur l’eau devant le port des Minimes.
  • 10 h 30 : départ de la première étape du Rallye.
  • 12 h 30 : apéritif sur la cale de Saint-Jean d’Acre, élection du plus beau bateau. Le pique-nique est à prévoir par chaque participant.
  • 15 h 00 : départ de la parade nautique dans le Vieux-Port de La Rochelle et de la deuxième étape du Rallye.
  • 19 h 30 : dîner des équipages.

Dimanche 8 juin

  • 10 h 30 : régate conviviale, trois manches prévues. Il n’y aura pas de classement officiel. Le pique-nique (en mer) est à prévoir par chaque participant.
  • 16 h 00 : remise des récompenses et souvenirs

Les prix

Tirage au sort de lots, incluant trois sorties sur Joshua et sur Damien.

  • Prix du plus beau bateau.
  • Prix au participant venant de la plus grande distance.
  • Prix du plus jeune participant.
  • Prix du plus vieux participant.
  • Prix au club ayant le plus grand nombre de participants (équipiers).

En savoir plus

Pour plus d’informations, contacter Pascal Fossey : pf6163@gmail.com


Nos partenaires

Photo : le bassin d’Argenteuil. Garage yachts Daryl


Appendice indispensable pour remonter au vent sur les petites embarcations à fond plat, la dérive a probablement une histoire plusieurs fois millénaire. Dérive latérale ou centrale, elle permet de contrecarrer l’effet du vent sur la coque, empêchant le bateau de déraper sous le vent ou, en tout cas, diminuant la dérive de façon efficace.

La dérive latérale

Venant de l’Asie du Sud-Est, les premiers habitants ont peuplé les îles du Pacifique en remontant les vents dominants avec des embarcations munies de dérives.

radeau à voile avec dérive brésilien

Les jangadas du Brésil sont un autre témoignage de l’utilisation de cet appendice sur des esquifs formés de simples troncs liés entre eux.

En Europe, les Hollandais ont développé très tôt (XVIe siècle) la navigation avec des dérives latérales, pour s’adapter aux eaux peu profondes de leur mer intérieure, de leurs chenaux et de leurs canaux. Ces dérives équipaient des bateaux de travail, mais aussi leurs yachts. Ils ont été d’ailleurs un des premiers peuples à inventer la navigation de plaisance (cf. n° 64 de la Lettre des Amis).

Bateau de type hollandais avec sa dérive intégrale
Bateau hollandais à dérive latérale, 1850, par Léon Morel-Fatio

Invention de la dérive centrale

La dérive centrale, telle que nous la connaissons, installée dans un puits et traversant la quille, a été inventée à la fin du XVIIIe siècle. Elle a probablement eu plusieurs inventeurs simultanés. L’idée était dans l’air.
Le premier, un Anglais, le capitaine John Schanck (qui deviendra amiral), construisit en 1771 un bateau à dérive centrale à Boston (Massachusetts) pour le duc de Northumberland. Cette dérive coulissante s’étendait sur les deux tiers de la longueur de la quille et était peu profonde. Plusieurs bateaux seront munis de dérives en 1774 et seront utilisés sur les grands lacs américains pendant la guerre d’Indépendance.

À partir de 1792, des essais sont faits sur trois cotres, le Trial, la Cynthia et la Lady Nelson. Ils avaient chacun trois quilles « glissantes » descendant de deux mètres et dont on usait selon les besoins de la route.


En 1800, un brick de 60 tonneaux, muni de dérives centrales, fait le voyage en Australie.

Des difficultés, mais l’idée n’est pas abandonnée

L’Amirauté britannique abandonne la dérive à cause de fréquentes avaries, d’une étanchéité mal assurée ; de plus, les dérives se bloquent fréquemment du fait des sables et des graviers qui s’introduisent dans le puits à l’échouage.

Mais l’idée continue de faire son chemin. En 1809, le capitaine anglais Molineux Schuldam, prisonnier de Napoléon à Verdun, invente une quille centrale mobile pivotant autour d’un axe, durant ses loisirs forcés. Deux ans après, trois Américains déposent un brevet de quille pivotante. La dérive de Schuldam est en plomb, d’autres sont en bois ou en métal, de forme triangulaire, semi-circulaire, rectangulaire ou trapézoïdale. Le système de relevage se fait soit avec un bout reliant la dérive à une poulie placée à l’extrémité du puits, soit avec un petit treuil à cliquet.
Henri Mott, auteur en 1894 d’une histoire du yachting aux États-Unis1, a noté le dépôt de 117 brevets de dérive centrale depuis 1811. L’utilisation massive de la dérive dans ce pays commence en 1829 après l’exposition d’un des modèles de Schuldam à la galerie Adélaïde à Londres.

Le succès de la dérive s’explique par l’existence de ports et de plans d’eau peu profonds dont elle facilite l’accès. De nombreux bateaux traditionnels américains sont issus de bateaux hollandais à dérives latérales. Et les esprits sont plus ouverts aux nouveautés que sur le vieux continent.

Lucien Môre, yachtman français du XIXe siècle écrit : « Et bientôt l’on vit d’énormes bâtiments, munis d’une dérive centrale portant, à cause de leur largeur, des cargaisons de 400 à 500 tonneaux, n’ayant qu’un faible tirant d’eau par leur coque même, manœuvrer et naviguer comme des navires d’un grand tirant d’eau, et résister à la mer, au point de traverser l’Atlantique ».

Le succès est au rendez-vous pour les régatiers

Ayant quitté l’Angleterre, les dériveurs vont y revenir, mais par la France. Dans notre pays, deux milieux s’intéressent à la dérive, les ostréiculteurs et les plaisanciers. Pour les premiers, la nécessité de récolter les huîtres sur des plans d’eau peu profonds fait de la dérive une aubaine. Pour les seconds, l’apparition en 1847 du premier dériveur américain va révolutionner les régates au Havre et à Argenteuil.

M. Cor se présente au Havre avec La Margot, un sloup importé de New York et gagne toutes les régates de 1847 et 1849. La Margot ressemble à un fer à repasser, formes fines et pointues à l’avant, arrière large, fond plat ou presque. Sa dérive en bois fait 2 m sur 1 m de large. Ses concurrents sont de lourds quillards inspirés des bateaux de pêche.


En 1853, Lucien More achète le New York, un autre catboat importé des États-Unis et construit par David Kirby à Rye. Ce bateau de 4,60 m gagne à son tour toutes les régates. Ce succès donne une grande impulsion à la construction navale sur le plan d’eau d’Argenteuil.

Catboat New-York, 1890
Le catboat New-York, 1853, image du livre de Philippe Daryl, 1890

Les bateaux de travail américains, des modèles

Les ostréiculteurs américains du Sound de Long Island vont naviguer sur des sharpies dès 1848. Le sharpie, bateau plat, pointu à l’avant, carré à l’arrière, étroit, est équipé de deux mâts portant des voiles triangulaires à balestron2. Par vent faible à moyen, les deux mâts sont utilisés, par vent fort, un seul mât implanté au milieu avec sa voile permet de faire route.


Ces bateaux sont inspirés, eux aussi, par les dériveurs hollandais.

le Sharpie de 6,50 m construit par Texier

Le premier sharpie pour la plaisance apparaît sur le plan d’eau d’Argenteuil en 1881. Il est construit par Texier Fils Aîné au Petit Gennevilliers pour le compte de Bardi. Il mesure 6,50 m.

Lucien Môre évoque les premières régates de ce dériveur qui bat, sous toutes les allures, l’Inès, un quillard de 5 m.

le Condor, dont l'architecte est le peintre impressionniste Caillebotte
L’architecte du Condor est le peintre Gustave Caillebotte

Et les bateaux de travail français ?

Les ostréiculteurs français naviguent, eux aussi, au tournant du XIXe et du XXe siècle, sur des bateaux à fond plat et à dérive. Sont-ils inspirés des sharpies américains, des bateaux plats hollandais ou de traditions locales ? La question reste à creuser. Les bacs ostréicoles d’Arcachon3 sont des chalands avec un fond en V très ouvert et une dérive centrale. Leur large pont a une bonne capacité de chargement.


En Charente-Maritime et en Vendée, les lasses sont des embarcations creuses, à fond plat, relativement étroites, avec une dérive centrale. Ils portent une voilure de sloop ou une grand’voile au tiers et un foc. Ces voiliers utilisés par les ostréiculteurs jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale connaissent aujourd’hui une nouvelle vie à la plaisance grâce aux passionnés et aux associations qui les ont restaurés ou reconstruits4.

une lasse restaurée, à Mornac-sur-Seudre
Lasse ostréicole à Mornac-sur-Seudre. Ph. Roger Cougaud

Et les lasses continuent leur carrière à l’ostréiculture, mais avec de puissants moteurs hors-bord.

Une histoire sans fin

Les sharpies de plaisance se sont perpétués en France avec, par exemple, le Sharpie de 9 m² de Staempfli (1938) et après-guerre, le Vaurien de Jean-Jacques Herbulot, le Bélouga de Jacques Lebrun ; sans compter tous les dériveurs à coque en forme qui ont vu le jour presque chaque année depuis le milieu du XXe siècle et qu’il serait trop long de citer.

  1. Voir la bibliographie ↩︎
  2. Balestron ou livarde, sorte de perche ou de vergue utilisée pour déployer une voile aurique généralement quadrangulaire ↩︎
  3. cf. Les Bacs d’Arcachon, de F. Picamilh, dans le Chasse-Marée n° 70, 1993 ↩︎
  4. Par exemple, l’Association des lasses marennaises. ↩︎

Bibliographie

Le site d’archives et de données historiques sur le bassin versant de la Seine a consacré de nombreuses pages à l’essor de la navigation de plaisance.

Philippe Daryl, Le Yatch, histoire de la navigation maritime de plaisance, 1844-1909, 1890. Téléchargeable.

The Yachts and yachtsmen of America : a standard work of reference, being a history of yachting and of yacht clubs, as well as of the various yachts, with biographies of the founders and members of the different clubs of the United States and Canada, d’Henry Mott, circa 1894. Téléchargeable.

L’illustrateur et scénographe rochelais Gilbert Maurel fait partie de l’équipe fondatrice du Musée maritime aux côtés de Patrick Schnepp en 1988. À l’occasion de l’exposition hommage consacrée à Bernard Moitessier, en 2005, il compose une carte de La Longue Route de Moitessier, dont les dessins sont entrés dans les collections du Musée maritime en 2025.

2025, centenaire de la naissance de Moitessier

Cette année marque le centenaire de la naissance de Bernard Moitessier (1925-1994). Ce grand marin est à tout jamais associé à son ketch rouge, Joshua, un bateau devenu mythique, aujourd’hui propriété du Musée maritime de La Rochelle et classé Monument historique.
Navigateur, mais aussi écrivain de mer, Moitessier est le premier homme à avoir accompli un tour du monde et demi sur les mers du globe, en 1968-1969, sans escale, sans aide extérieure, et en solitaire. Avec comme seul instrument un sextant pour s’orienter, il double les trois caps, Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn, avant de rejoindre Papeete. C’est, à l’époque, le plus long voyage en solitaire – 37 455 milles sans toucher terre -, dix mois seul entre mer et ciel, à l’unisson avec la nature, les dauphins et les mouettes. Il relate cette histoire dans La longue route (Paris, Arthaud, 1971), où les grands calmes ensoleillés succèdent aux coups de vents. Il fera rêver des milliers de terriens et inspirera un grand nombre de navigateurs en herbe qui partiront, eux aussi, à la rencontre des aurores australes, des vagues-pyramides émeraude ou des déferlantes neigeuses. Pour y gagner sûrement leur liberté, à l’image du grand homme, à la recherche d’une paix intérieure durable.

Je continue jusqu’aux îles du Pacifique parce que je suis bien en mer et peut-être aussi pour sauver mon âme.

Bernard Moitessier

Gilbert Maurel, illustrateur généreux

C’est cette circumnavigation historique que va superbement illustrer Gilbert Maurel à l’occasion de l’exposition du Musée maritime « Bernard Moitessier, homme Libre » qui sera présentée en 2004 dans l’Encan, puis à bord de France 1 en 2005. Il réalise quelques dessins inspirés par La longue route, se plonge dans l’abondante documentation photographique de l’époque, de l’homme et de son bateau rouge, pour être le plus fidèle possible. Enfin, il assemble le tout sur un fond de carte qui sera numérisé et imprimé dans un format de plus de deux mètres de long avant d’être accroché durant 20 ans dans les espaces d’exposition du France 1.

Gilbert Maurel demeure l’un des moins connus, ou peut-être l’un des plus modestes.

Grâce au don de Gilbert Maurel, cette année, le Musée maritime entre dans ses collections 5 dessins originaux qui ont servi à composer cette grande carte du monde.
Dans la longue série des illustrateurs de la marine à voile, comme Louis Le Breton par exemple, ou bien, plus récemment, dans la lignée d’un Albert Brenet ou d’un Marc-Pierre Berthier, tous deux peintres officiels de la Marine, Gilbert Maurel demeure l’un des moins connus, ou peut-être l’un des plus modestes. Et pourtant, il sait de quoi il parle. À l’encre de Chine ou au crayon, rehaussé d’aquarelle, son dessin est précis, ses mers sont formées, les bateaux sont malmenés par la tempête ou passent sereinement le goulet de Brest.
Mais lorsqu’il s’attaque à un récit, comme La Longue Route de Moitessier, son trait non seulement accompagne fidèlement la (longue) route empruntée par Joshua, mais fait revivre aussi un homme à jamais entré dans la légende.

Gilbert Maurel

Gilbert Maurel est né à Nice en 1950. Après avoir travaillé pour la publicité, il se lance dans l’illustration de récits et de romans classiques consacrés à la mer, notamment pour Gallimard. Curieux, fasciné par la mer, il part vivre des aventures en milieux périlleux, sur des plateformes pétrolières, de la mer du Nord à l’Océan Indien. Puis il pose définitivement ses valises à La Rochelle où il accompagne le Musée maritime dans tous ses supports de communication et d’exposition.

Pour aller plus loin

  • L’Hermione, une frégate pour la liberté, de Francis Latreille et Yves Gaubert, illustrations de Gilbert Maurel, éditions Gallimard, 2013.
  • François, gabier de misaine ou La vie d’un mousse sur un trois-mâts barque, albums Gallimard Jeunesse, éditions Gallimard, 1985.

Dessins originaux de Gilbert Maurel (reproduction interdite)

© Musée maritime/Gilbert Maurel

Monsieur Durand Couppel de Saint-Front, dit Marin-Marie, a traversé le vingtième siècle de bout en bout de 1901 à 1987. Sa carrière maritime aura été riche des mille péripéties, aventures, gloires et drames de son époque.

Une vie d’aventure

À chaque période de la vie de Marin-Marie correspond un moment fort de l’histoire maritime de son siècle.

Peinture de Marin-Marie de 1937, représenant Le Français du commandant Charcot dans les glaces.

Spectateur ou acteur, celui-ci aura vécu, tour à tour, la fin des grands voiliers cap‑horniers, l’aventure polaire de J.Charcot, la toute première transatlantique en solitaire d’Alain Gerbault, la Marine en guerre, la gloire et le déclin des paquebots.
Du dessin des cheminées du liner Normandie, en passant par son double record transatlantique à la voile, puis au moteur, Marin-Marie par ses multiples talents, aura marqué cette histoire maritime. Il l’aura contée dans ses livres, enfin, il l’aura merveilleusement illustrée dans son œuvre peinte. C’est cette dernière que j’évoque ici…

Du dessin des cheminées du liner Normandie, en passant par son double record transatlantique à la voile, puis au moteur, Marin-Marie par ses multiples talents, aura marqué cette histoire maritime. Il l’aura contée dans ses livres, enfin, il l’aura merveilleusement illustrée dans son œuvre peinte. C’est cette dernière que j’évoque ici…

Un grand aquarelliste sensible

Élève de Daubé jusqu’en 1919, Marin-Marie fut un incomparable peintre de mer à l’eau, ou si vous voulez un peintre à l’eau de mer, il n’a travaillé l’huile qu’à de rares moments pour peindre des grands formats.

C’était d’abord un aquarelliste, mais qui ne s’embarrassait pas trop de l’orthodoxie liée à cette technique, qui veut que les lumières soient traitées uniquement par la réserve du blanc du papier, d’où l’appellation dans beaucoup de ses œuvres : « d’aquarelle gouachée ». Marin travaillait sur papier, alternant aquarelle et gouache dans une même œuvre, d’un geste magistral, d’une touche large et instantanée

Cette spontanéité ne souffrant pas de reprise conférait à ses ciels et ses mers une transparence et une puissance inimitable. Comparé à Albert Brenet, autre grand peintre de la marine, Marin-Marie n’a pas été très prolifique, cela tient au fait qu’il a passé beaucoup de temps en mer, sur les bâtiments de la Royale ou sur ses propres bateaux. De plus, Marin était souvent insatisfait de sa peinture, il lavait à grand coup d’éponges une mauvaise ébauche, n’hésitant pas à la déchirer ou bien encore la laissant inachevée dans des cartons.

Un navigateur

Ce qui fait la spécificité de son œuvre, son caractère unique, l’archétype du peintre de marine, c’est que l’on ne peut dissocier, laquelle des deux facettes de l’homme a pris le pas sur l’autre : le navigateur ou le peintre. La qualité de son œuvre réside dans l’osmose et la parfaite imbrication de ses deux traits de génie. Toute sa vie ne sera qu’une suite de longs bords tirés, tantôt vers la peinture, tantôt vers la navigation.

Tableau de Marin-Marie représentant le Wilk, sous-marin mouilleur de mines polonais en 1931. Au fond un grand voilier
Marin-Marie, le Wilk,1931, Musée historique du Havre.© Adagp, Paris, 2025

Parmi ses contemporains : Albert Brenet, Roger Chapelet, Haffner, Signac ou l’anglais Montague Dawson, ont été aussi de grands peintres de la marine, mais aucun n’a été un grand navigateur. Aucun d’eux n’a cumulé une telle somme d’expériences maritimes1.

Des marines impressionnistes

Ce manque se traduit dans leurs peintures, par une moindre fluidité de leur représentation de la houle, une absence de fugacité, une retenue dans la traduction de l’infinie mouvance de la mer, une somme de petits détails, de nuances, décelables seulement par les gens de mer, mais qui font pourtant toute la différence entre leurs peintures et la sienne, entre eux et lui.

De tout temps, des peintres célèbres se sont attachés à peindre la mer, les bateaux, les ports. Depuis 1830, date de création de l’actuel corps des Peintres officiels de la marine et avant eux les Peintres de la marine du Roy, de magnifiques œuvres ont vu le jour, des générations de peintres talentueux, se sont succédé. Mais à l’instar de Monet, Renoir, et autre Manet dont le courant impressionniste révolutionne l’art pictural du XIXe siècle, on peut soutenir qu’il y ait eu, en deux siècles de peinture de marine, un avant et un après Marin Marie.

Le monde maritime dans tous ses états

En effet, Marin a peint le monde maritime dans tous ses états : la vie en mer, comme celle des ports, les fureurs océaniques, comme les calmes blancs, les derniers trois-mâts comme les transatlantiques, il a peint son équipée avec J. Charcot sur le Pourquoi Pas ?, les combats de la Royale à Mers el-Kebir ou à Dakar.

Il a peint la marine de pêche comme de commerce, il peint son Ariel, son Winibelle, et bien sûr, il a peint maintes et maintes fois son cher archipel de Chausey2.


Marin a été de ces très rares peintres de Marine à être capable de restituer dans toute son intensité, son mouvement, ses teintes : la houle, le grand large, le ciel. Il a su mieux qu’aucun autre faire gîter, vibrer, souffrir, ses navires au milieu de ses toiles.

  1. Pour une bibliographie détaillée, cf. ici ↩︎
  2. Catalogue de son œuvre ↩︎

Bibliographie

À Rochefort et sur l’île d’Aix. Organisé par la Corderie royale et le Centre international de la Mer.

Pour sa 4e édition, le Festival des Mémoires de la Mer a choisi d’explorer un monde à part, le monde sous la mer, de la surface jusqu’aux abysses.

Au programme : l’émerveillement avec une sélection des plus beaux films sur le monde sous-marin et les richesses de la vie animale et végétale. La plongée dans l’imaginaire des profondeurs de Jules Verne à James Cameron, du roman aux jeux vidéo, aux mangas et à la création musicale. La réflexion et le débat sur les enjeux, les défis et les menaces liés à l’occupation humaine du monde sous-marin et des profondeurs.

À vos agendas !

  • Vendredi 31 mai et Samedi 1 er juin dans tout Rochefort, une multitude d’évènements : débats, ateliers, conférences, projections, dédicaces, spectacle musical…
  • Dimanche 2 juin sur l’Ile d’Aix : mise en scène en images de la vie sous-marine.

Un lieu d’exception :
Rochefort et l’île d’Aix offrent un cadre idyllique pour ce festival, entre patrimoine maritime et paysages préservés. Profitez de l’ambiance authentique de ces lieux chargés d’histoire et laissez-vous séduire par la beauté envoûtante de la mer des pertuis.

Partagez votre passion :
Que vous soyez passionné par la mer, amateur d’aventures ou simplement curieux d’en apprendre davantage sur l’univers marin, le festival des Mémoires de la Mer est l’événement incontournable de l’année à ne pas manquer.

Le temps d’une soirée, découvrez gratuitement et de manière insolite les richesses du musée.

Pour la nuit des musées, l’équipage du musée vous propose une navigation littéraire. Venez voguer au gré des pages et pêcher les récits de quelques marins de la flotte du musée.

Les p’tites histoires de la mer
Grand Hall à 18h30

Coup de cœur du pacha
Pont du St gilles à 19h30
Pont avant de L’Angoumois à 21h15

Lecture musicale à plusieurs voix
Hangar à ballon du France I, pont C à 20h30 et 22h.

Conférence de Patrick Chevrier, marin pêcheur à La Flotte-en-Ré

C’est l’histoire, sur sept générations, de la famille Chevrier, marins-pêcheurs à La Flotte-en-Ré.
Le fils Jérémy a été le patron du Jémapa. Le Santa-Thérésa est le chalutier du grand-père Maurice. Le petit-fils né le 20/03/2003 à La Rochelle navigue sur le chalutier le Frisby de l’île d’Oléron comme mécanicien.


Participation :

Adhérents : 6€ – Non adhérents : 8€ 
Inscription obligatoire : de préférence en ligne ci-dessous, ou bien au Carré des Amis ou par téléphone au 05 46 27 20 47.


Patrick CHEVRIER

Il embarque comme mousse à 15 ans, devient marin pêcheur puis patron-pêcheur, il est à la retraite depuis 2008 mais il n ’est pas inactif et n’a pas quitté le monde de la pêche.
De 2000 à 2017, il représente les pêcheurs de l’île de Ré au Conseil portuaire de St-Martin-de-Ré.
De 2008 à 2011 , il est vice-président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins.
De 2013 à 2015 , Président de la Coopérative maritime de l’île de Ré.
Mais c’est surtout dans l’Amicale des Anciens Cols bleus de l’île de Ré qu’il s’investit. Il en est Président depuis 2017.
« C’est un grand honneur pour moi d’assurer la présidence de notre Amicale des Anciens Cols Bleus de l’ile de Ré. Notre association loi 1901, fondée en 1948, va fêter le 30 mars 2024 son soixante-quinzième anniversaire.

Notre responsabilité collégiale est de fédérer notre communauté de gens de
mer, autour de trois axes forts :

  • Conserver et renforcer les liens d’amitié et de camaraderie qui unissent les Anciens Marins dans le souvenir des joies, des efforts, des dangers, et aussi des sacrifices vécus en commun au service de la France.
  • Faciliter par tous les moyens l ‘entraide maritime sous toutes ses formes.
  • Contribuer à l’éducation populaire, et particulièrement de la jeunesse en l’orientant notamment vers la marine, par tous les moyens dont dispose l’amicale.
    “À travers nos actions socio-culturelles et nos interventions sociales , nous avons la
    responsabilité d’entretenir l’ esprit fraternel et de camaraderie qui unit l’Amicale des Anciens Cols Bleus pour toujours au sein de la communauté maritime.”

    Le site des Cols bleus de l’île de Ré

Dîner et conférence de Patrick Marchesseau, commandant du navire Le commandant Charcot et expert de la navigation polaire.

À l’hôtel Mercure de La Rochelle, salon OPS .

Il nous fera partager ses explorations, ses aventures, ses motivations, ses expériences, son amour pour la glace et les Inuits et sa fidélité à la compagnie du PONANT.


Participation :

Adhérents : 38€ – Non adhérents : 40€ 
Inscription obligatoire : de préférence en ligne ci-dessous, ou bien au Carré des Amis ou par téléphone au 05 46 27 20 47.


L’exploration maritime agrandit notre regard sur le monde…

…et le commandant Charcot va ouvrir de nouveaux horizons »


Le commandant Marchesseau a rejoint la Compagnie du Ponant en 2004 et s’est spécialisé dans la navigation dans les mers polaires Il est l’un des deux commandants du navire de haute exploration polaire de Ponant, le Commandant Charcot. A son bord, il se réjouit d’aller à la rencontre des Inuits et de
bénéficier de leurs enseignements sur le rapport de l’homme à la nature.
Un jour de 1987, lorsque de jeunes diplômés viennent présenter leur ambitieux projet de voilier de croisière aux étudiants de l’ENSM de Nantes, Patrick Marchesseau, encore élève, est loin d’imaginer qu’il prendra un jour la barre de cet élégant trois-mâts. Pourtant, comme les fondateurs de PONANT, il a
déjà cet amour de la mer et l’envie de partager avec des passagers les émotions de la découverte de rivages inaccessibles, de la rencontre avec des peuples lointains. La croisière donc. . Le rendez-vous avec PONANT a lieu au terme d’une riche décennie qui a fait de lui un marin aguerri. En décembre
2004, à Djibouti, il appareille pour les Seychelles à bord du trois-mâts emblématique de la compagnie. L’année 2009 offre un tournant décisif à sa carrière : « J’ai découvert l’Antarctique à bord du Diamant pour sa dernière saison aux couleurs de PONANT. J’avais très envie d’expérimenter la navigation dans les zones polaires, cette manière si particulière de mener son vaisseau près des glaces. J’ai été immédiatement conquis » confie le Commandant Marchesseau.
Cette révélation ne l’empêche pas d’embarquer en 2010 pour un tour du monde sur un catamaran solaire, le PlanetSolar, un prototype destiné à tester et promouvoir la propulsion à l’énergie solaire. « Les marins qui sillonnent le monde sont des témoins de la fragilité de l’environnement. Je désirais participer à cette expérience qui a aiguisé ma curiosité sur les écotechnologies appliquées à la navigation » précise-t-il. De retour chez PONANT, le commandant embarque à nouveau pour les pôles et étanche sa soif de découverte et de navigation dans les mers de glace : le Spitzberg, le Groenland, les passages du Nord-Ouest & du Nord-Est, la Tchoukotka et le Kamtchatka au Nord, la Géorgie du Sud, la péninsule antarctique au Sud… Ses émotions les plus fortes ? Il aime sentir vibrer en lui la fibre exploratrice des marins. Étudier les cartes, pousser l’étrave de son navire à travers le brouillard et manœuvrer
avec délicatesse pour découvrir une baie inconnue… . Bien sûr, il y a les destinations inédites mais aussi les rencontres possibles, celles qu’affectionnent les marins qui voguent vers les confins du monde. « Nous avons beaucoup à apprendre des Inuits. Leur rapport à la nature, l’équilibre qu’ils entretiennent avec leur environnement qui les nourrit et les abrite à la fois. » La découverte pure et simple de la banquise par les passagers lui tient à cœur : entendre la neige crisser sous les pieds ou sentir la morsure du vent glacé et se glisser ainsi, pendant quelques heures, dans la peau des plus grands explorateurs et des Inuits.


Patrick Marchesseau

Le Commandant Marchesseau a rejoint la Compagnie du Ponant en 2004 et s’est spécialisé dans la navigation dans les mers polaires. Il est l’un des deux commandants du navire de haute exploration polaire Ponant, le Commandant Charcot. À son bord, il se réjouit d’aller à la rencontre des Inuits et de bénéficier de leur enseignement sur le rapport de l’homme à la nature.