Belle et chaude soirée ce 19 juin au Musée maritime, pour commémorer le centenaire de la naissance de Bernard Moitessier en 1925.
Après la conférence présentée par Jean-Alain Berlaud, les participants se sont retrouvés autour d’un cocktail animé par Cap ukul’. Le musée avait ressorti, pour l’occasion, l’exposition Joshua réalisée lors de sa restauration. Le célèbre bateau était visible à quai. Une soirée d’amitiés pendant la Semaine du Nautisme, avant les vacances d’été.
Véronique Lerebours, dernière compagne de Moitessier, nous a fait l’amitié de sa présence et Yves Gaubert l’a interviewée pour nous.
3 questions à Véronique Lerebours
Yves Gaubert : Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Bernard Moitessier ?
Véronique Lerebours : Je prenais une année sabbatique, je naviguais de Bordeaux à Tahiti et je l’ai croisé à Moorea au hasard d’un mouillage. C’était en 1985. Il était depuis six mois à Tahiti avec son nouveau bateau, Tamata. Il m’a emmenée à Souvaroff, son atoll. Il n’arrivait pas à démarrer son livre. Je lui ai proposé de venir à Paris. Nous habitions à Issy-les-Moulineaux, puis à Vanves. Il a rencontré des écrivains. L’atmosphère était plus propice à l’écriture. Il a sorti Tamata et l’Alliance en 1993, sept mois avant de mourir.
YG : Qu’est-ce qui ressort votre relation ?
VL : La qualité qui m’a marquée chez lui, c’est sa simplicité de contact avec les autres. J’avais lu la Longue route, je faisais de la voile. Je le considérai comme quelqu’un d’inaccessible. Or, j’ai rencontré un homme à l’écoute des autres, très attentionné, intéressé par ce que font les gens. Il ne correspondait pas du tout à l’image qu’on se fait d’un navigateur solitaire. Pour lui, l’amitié, c’était très important. Le nombre de personnes que j’ai interviewées pour mon livre sur ses rencontres le prouve.
YG : Que retenez-vous de lui, que vous a-t-il transmis ?
VL : J’ai admiré sa capacité à se lancer dans l’action avant que tout soit blindé et défini. Quand il était sur un projet, il y allait, il avançait, il osait. J’ai apprécié sa capacité de résilience, d’oser quitter une chose pour poursuivre son objectif. Je ne dis pas que j’ai hérité de cette qualité, mais c’est la leçon que je retiens, ne pas avoir peur, essayer. C’est pour ça qu’il a été surnommé Tamata en Polynésie ; parce que ça veut dire essayer.
La soirée en images





Photos Pierre-Yves Landouer et Philippe Deracourt
