Il en est qui amasse des richesses, d’autres qui courent après des titres ou des honneurs et d’aucuns (comme la plupart) qui trouvent leur bonheur dans des occupations riches en événements, en rencontres humaines et en satisfactions toutes simples. Michel est un homme très discret mais se raconte un peu dans son parcours de régatier assidu et régulier. Il a, entres autres, pris une part très active dans l’organisation des deux derniers trophées du Musée Maritime de La Rochelle en 2018 et 2019.

Le parcours de deux frères

Rien ne nous prédisposait à cette quasi-addiction : aucun navigant dans nos proches,  domicile éloigné du littoral, pas d’intérêt spontané pour le domaine maritime… jusqu’à ce que nos parents s’installent en 1964 pour quelques années à Aytré.

Nous tombons dès lors – mon frère et moi – dans le “chaudron magique dériveur” et, après un apprentissage autodidacte, somme toute très classique (sur Caravelle puis Caneton), nous  remarquons un dériveur parqué sur la cale du vieux port: ligne magnifique et potentiel évident. Nous venions de découvrir le FIREBALL (dont les meilleurs équipages s’entraînent alors à la La Rochelle).

Mais comment accéder à un tel coursier : les clubs locaux n’en possèdent aucun et nos moyens d’adolescents sont limités. Nous optons donc pour la construction amateur, achetons en 1966 un Kit du chantier Guindé et construisons notre premier Fireball dans le garage de notre sous-sol (coque à bouchains vifs, construction classique sur couples/lisses, panneaux de coque et pontage en contreplaqué, assemblage colle résorcine).  

Nous réalisons le chantier sans rencontrer de difficultés majeures: nous disposons en effet des vacances d’été et utilisons les conseils de nos aînés Fireballistes lorsque les plans ne sont pas totalement explicites. Seul bémol : nos parents apprécient très moyennement nos horaires de bricolage et encore moins  l’utilisation du salon comme cabine de peinture pour les finitions laque et vernis (nous n’avions pas été assez rapides pour réaliser ces travaux sur un week-end d’absence)

Les étapes suivantes furent plus simples : le convoyage domicile/Vieux-Port fût réalisé très tôt le matin (en calant le timon de la mise à l’eau sur le pare-choc de la 403 familiale) et le montage final gréement – voiles eut lieu sur le parking dériveur. 

Nous voici donc – mon frère et moi – propriétaires du F 2184,  membres de l’association Fireball et inscrits à la SRR. Nous naviguons dès lors très régulièrement pendant les vacances scolaires, complétons l’équipement de base du bateau (ajout du Spinnaker, personnalisation de l’accastillage) et perfectionnons nos manœuvres tant et si bien que nous devenons à l’aise dans la brise et commençons à penser sérieusement “régates”.

Fire F 2184 : construction classique 1967


Fire F 2184 : entraînement d’hiver à La Rochelle


Championnat 1968 / Club de Pornic / F 2184

Nous participons à notre premier championnat et découvrons avec humilité départs et virements de bouées au beau milieu d’une cinquantaine de concurrents pré-sélectionnés (à cette époque la flottille d’une centaine de bateaux inscrits est divisée en deux groupes pour cette compétition).

Nous ne prenons pas de risques dans les phases critiques et essayons de prendre les 

bonnes options lors des longs bords de près afin de rester dans la meute et de compenser notre prudence (… et perplexité) lors des moments de grande promiscuité … (départs et virement de bouées ).

Par vent médium, beau temps et courants faibles, nous terminons en milieu de classement , très contents de cette première expérience “grandeur nature”. 


Semaine de la voile 1969  / SRR La Rochelle / F 2184

Au fil des sorties, nous devenons plus aguerris. Nous apprécions les conditions musclées et ne manquons aucune régate organisée sur “notre” plan d’eau . C’est ainsi qu’après avoir suivi un stage d’entraînement hivernal (supervisé par B. Chéret) nous participons – comme plusieurs centaines d’équipages – à la semaine de la Rochelle (nous vivons alors les années fastes de la voile légère et cette épreuve organisée le week-end de la Pentecôte rencontre un franc succès).

Eu égard au nombre de séries et de participants, notre parcours – regroupant FIRE et 5O5 – se trouve mouillé au large, au Sud de la pointe des Minimes. Après les premières manches, courues par vent établi, le départ du 2e jour est donné par force 5  à une flottille quasi complète. Les conditions changent brutalement à mi-course: un coup de vent (F 7 enregistré) surprend la plupart des concurrents au portant et provoque une pagaille indescriptible à l’approche de la bouée. De nombreux concurrents dessalent sous spi et, pour notre part, drisse de spi bloquée, nous ne parvenons pas à affaler, et finissons par un soleil tel que mon frère est éjecté et entrainé par les vagues loin du bateau. 

Seul il me sera impossible de redresser le FIRE; nous serons finalement récupérés par une barge militaire affectée à la sécurité sur notre parcours et… abandonnerons bateau, manche et régate.

Ce fut la dernière sortie avec notre premier Fireball ! En effet la sécurité‚ débordée, ne put que secourir les équipages. Certains bateaux finirent à la côte, d’autres – dont le nôtre – furent remorqués couchés occasionnant des dégâts conséquents . 

Bilan global: nous sommes sains et saufs… et contents de l’être mais notre FIRE est réduit à l’état d’épave (mat cassé, coque trouée, voiles déchirées, …). 

… restait alors à récupérer et retrouver l’enthousiasme pour  entamer une  reconstruction !


Championnat  1969 / Club du  Verdon / F 4114

F 4114 en compétition
F 4114 en compétition

Les dommages ayant été reconnus (il y eut de très nombreux sinistres cette année-là), nous avons été dédommagés par l’assurance et avons – pour des raisons de délais – commandé une coque nue brute au chantier Guindé. 

La finition coque, l’accastillage, et les tests furent expédiés en mode commando afin d’être prêts pour le point d’orgue de la saison:

“Le championnat du Verdon“.

Les conditions de ce championnat furent plutôt clémentes et, s’il fallut composer avec un courant omniprésent (et très fluctuant) dans l’embouchure de la Gironde, il n’y eut – en dehors des “touchettes” et disqualifications liées aux départs – que peu de problèmes.

Forts de notre équipement compétitif et flambant neuf (coque, gréement, accastillage, voiles) et boostés par une motivation sans faille, nous réussissons de belles manches et terminons 7e sur 66 équipages classés.

Nous utiliserons ensuite avec succès ce même bateau pendant plusieurs années jusqu’à ce que nous cessions – mon frère et moi – de naviguer ensemble pour cause d’éloignement géographique.


Fire F 9334 : construction sur moule asso 1972


La Rochelle 1974


Épilogue

Travaux sur F 9334 en 1994
Travaux sur F 9334 en 1994

Le choix initial d’une série (470, 5O5, FIRE, …) se fait souvent sur coup de cœur…. Toutefois la pertinence du choix  n’apparaît qu’au fil des navigations et des compétitions de cette série où doivent régner Fair-play et Convivialité….

Ayant trouvé cet esprit dans le milieu Fireballiste, j’y suis resté et – après les deux premières coques dont je viens de parler, j’ai successivement :

  • Racheté une coque amateur le F 1884 pour naviguer dans le Berry.
  • Construit (en 1972) et navigué de nombreuses années en famille sur le F 9334  (celui de la collection  du Musée Maritime – construction CP sur moule, joints tissu de verre/résine polyester)
  • Navigué quelques années sur les F12122 et F 10617 appartenant à des amis co-équipiers.
  • Racheté enfin le F 14267 (coque composite) avec lequel je navigue encore actuellement.

Nostalgie certes lorsque l’on songe aux années 1970/80 et aux flottilles d’une centaine de bateaux inscrits aux rencontres du calendrier… (cf extrait ci-dessus de la Semaine de La Rochelle 1974) mais tout évolue et les protos actuels (moths à foils, 49’s, ….) suscitent très probablement des passions similaires pour une autre génération de voileux !

Nostalgie atténuée cependant par le plaisir de continuer à naviguer sur des supports plus sages (donc plus anciens)… en évitant désormais les conditions trop musclées. 

À bientôt donc, peut-être sur l’un des bateaux de la PPL… voire sur le FIRE F 9334.

Michel Rouillé

Par Alain Barrès

S’il est une série passionnante pour avoir beaucoup excité la créativité des architectes et des constructeurs, c’est bien celle des Moth. L’histoire du Moth “Alu” ou Moth “Gouget” en est un bel exemple.

Jacques Gouget (1920-2011), ingénieur formé au Conservatoire des arts et métiers, aimait les innovations d’avant-garde.

Monsieur Robert Gouget et son épouse lors de la donation aux Amis du Musée Maritime. Le bateau est en position haute sur la remorque avant son départ pour La Rochelle.

L’aluminium : un matériau prometteur mais difficile

L’histoire de la métallurgie de l’aluminium commence vers 1890, mais il fallut attendre plus d’un demi-siècle pour la mise au point d’un matériau réellement utilisable. Les premiers succès apparaissent vers 1930 et l’alu devient d’un usage plus banal après 39-45. Pour la marine, il fallait résoudre les problèmes difficiles de corrosion et d’assemblage par rivetage pas toujours très étanches. La mise au point des alliages au magnésium résistants à la corrosion dans l’eau de mer et la technique de la soudure à l’arc donneront le vrai départ de la construction navale autour de 1950.

Malgré les avantages de résistance et de légèreté, le coût de la mise en œuvre limitait la diffusion aux grands yachts et aux militaires. Peu de chantiers s’étaient risqués à construire des petits bateaux. Ce fut, cette année-là, le challenge de Jacques Gouget.

Il conçoit donc un Moth avec une coque à bouchain soudée pour les œuvres vives et rivetée pour le pont avec des  formes un peu évoluées par rapport à l’ancêtre “nantais”. Nous avons un exemplaire de ce premier Gouget dans la collection. Cette réussite ne lui suffit pas et il entreprend la construction d’un Moth en forme. La chaudronnerie très exigeante en main-d’œuvre ne convient pas pour construire un bateau qu’il veut économique, il  va donc réinventer et adapter la technique étonnante de l’hydroformage. Il s’agit de forcer une plaque d’alu à prendre la forme d’un moule. La pression est exercée par le poids d’une poche d’eau. Plus la colonne d’eau est haute, plus la pression est forte comme le savent les plongeurs. Jacques Gouget avait donc installé sa machine à pression chez lui dans l’escalier de la cave avec des poches fabriquées spécialement. La légende familiale conserve le souvenir des inondations provoquées par l’éclatement des poches. On rapporte que ces accidents agaçaient beaucoup Madame Gouget, C’est probable !

Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître que les coques obtenues ont encore aujourd’hui des formes douces, élégantes et performantes.

Jacques Gouget qui fut aussi un commerçant entreprenant et vigilant, déposa plusieurs brevets pour protéger ses inventions et proposa une version sloup avec un foc et même un aménagement du tableau pour utiliser un petit hors-bord.

L’histoire des Moth est bien le rendez-vous des inventeurs, encore aujourd’hui avec des foils, et sans doute demain !

Photo promotionnelle du Moth Gouget vers 1957

philippe_deracourtModifier le profil

Le 18 février 1864, le sous-marin Le Plongeur s’immerge pour la première fois en eau libre au large de La Pallice. Il mesure 44 mètres de long et 6 mètres de large et peut embarquer 7 à 9 hommes d’équipage.

Le Courrier de La Rochelle du 13 février 1864 écrit avec enthousiasme :
Hier soir, à six heures, le vapeur de l’État, La Vigie, est entré dans le bassin de La Rochelle, remorquant le bateau sous-marin Le Plongeur.
Aujourd’hui, les quais du bassin ont constamment été couverts d’une foule de curieux, admirant l’étrange construction de ce navire et essayant inutilement d’en comprendre l’organisation, le but et la manœuvre.
[…]
Le Plongeur n’a pas été inventé pour étudier les mœurs des poissons et l’intérieur des mers. C’est un navire de guerre et un redoutable engin de destruction. Son avant porte un large éperon en forme de tube. Cet éperon contient une cartouche vide, dans laquelle on peut placer de la poudre, une bombe incendiaire.
Une flotte ennemie est à l’ancre, Le Plongeur s’approche d’un bâtiment, dans lequel son dard fait une large blessure où reste l’aiguillon de l’abeille. Il se retire promptement en déroulant un fil métallique. Lorsqu’il est à une distance à laquelle il se sent à l’abri du danger, une étincelle électrique détermine une explosion terrible.
On peut du même coup, au moyen d’une réunion de fils électriques, enflammer plusieurs navires et détruire toute une escale.

Ce navire a été construit à l’arsenal de Rochefort, sur les plans du commandant Siméon Bourgois et de l’ingénieur Charles-Marie Brun.
Son capitaine est le lieutenant de vaisseau Marie-Joseph-Camille Doré, natif de La Rochelle.
Le sous-marin a une caractéristique importante : sa propulsion n’est plus manuelle, mais s’effectue au moyen d’air comprimé à 12 bars, contenu dans 23 réservoirs, ce qui explique ses dimensions importantes.
Lors de sa plongée, il rencontre des soucis de stabilité : l’absence de gouvernails horizontaux le rend difficile à contrôler. Il pique facilement du nez et finit par labourer les fonds vaseux…
Il est en outre facilement repérable par les bulles d’air qui montent en surface.
Il est désarmé dès 1867.

Maquette du Plongeur. Deutsches Museum, Munich
Sous-marin Le Plongeur, 1863. Coupe. Freshwater and Marine Image Bank, univ. Washington
Plan du Plongeur, Art naval, Exposition universelle de 1867

Jules Verne a visité le chantier du Plongeur en 1862 et en a examiné la maquette présentée à l’Exposition universelle de 1867.Le Plongeur a inspiré largement le Nautilus du capitaine Némo : Vingt mille lieues sous les mers est publié en 1869.Quand vingt ans plus tard, Dupuy de Lôme, Gustave Zédé et Romazzoti étudient le projet du Gymnote, premier sous-marin torpilleur électrique lancé en 1888, ils s’appuieront sur l’expérience du Plongeur.
Le Plongeur finit — un peu tristement — sa vie comme bateau citerne à vapeur pour acheminer de l’eau douce aux navires de guerre devant Rochefort jusqu’en 1937.

Le Plongeur, transformé en bateau-citerne

Jean-Alain Berlaud, adhérent de notre association depuis de longues années, nous a préparé une vidéo d’un exercice de sauvetage en mer qui montre bien le travail de ces hommes toujours prêts à sauver leur prochain.

Présents: Alain, Philippe, Patrick, Serge et Luc pour la SNSM et Yves-Michel, Madeleine et Jean-Alain pour les invités.

L’équipage a pu ainsi sortir et entrer dans la base de Chef de Baie, voir les bureaux et surtout participer à un exercice de sauvetage.

Départ du canot SNS 144 de la base de Chef de Baie à 23 nœuds jusqu’à la zone d’exercice. Ensuite, quand l’hélicoptère Dragon 17 est en approche, c’est lui qui fixe le cap et la vitesse. Il dépose les deux plongeurs et les urgentistes, puis la civière. Ensuite, c’est la remontée de tout le monde avec le ou les victimes. C’est la fin de l’exercice et le retour à la base à 23 nœuds.

Si vous voulez aider la SNSM cliquez ici… pour participer à leur concert de Noël.

Énorme succès

Damien y a rencontré un public venu l’admirer et a remporté un franc succès pour cette édition 2019 du Grand Pavois de La Rochelle. 

Après sept ans de travaux Damien a enfin retrouvé son élément et va pouvoir naviguer en 2020. Il reste cependant quelques travaux à réaliser pour être complètement opérationnel.
Dores et déjà vous pouvez le voir quai Valin où il réside désormais et d’où il est parti en 1969 pour un tour du monde avec trois jeunes gens remplis d’enthousiasme.
Merci encore à tous les bénévoles et donateurs qui ont fait que le projet Damien aboutisse.

Premières navigations de Damien

Album souvenir

Une conférence sur les différentes problématiques posées à la SNSM.

“Sauver quelqu’un en danger dehors en mer, c’est notre ADN… Quand on part, c’est dans un seul but : trouver la personne et la sauver le plus vite possible. Les risques ? Nous en sommes conscients, mais nous travaillons avec… Nous sommes formés pour réagir à toute sorte de météo, mais on ne part pas avec l’idée de mourir à l’esprit. »

Jean-Michel TOUPIN, Président de la station SNSM de La Rochelle.

Celui qui navigue sait qu’à tout moment la mer peut le dépasser et transformer une navigation de routine en situation de détresse.

En tant qu’association de droit privée, le financement de la SNSM repose essentiellement sur la générosité de donateurs particuliers et du mécénat d’entreprises.

La Formation est un enjeu majeur : l’évolution de l’origine professionnelle des Sauveteurs en Mer, de moins en moins issus des professions maritimes, a incité depuis plusieurs années la SNSM à développer des cursus de formation ciblés à leur attention.

À l’issue de la conférence, nous continuerons à échanger autour du pot de l’amitié. 

Annick NOTTER nous invite à découvrir l’exposition “Les Fils de l’Aigle. Indiens des Plaines et des Prairies”

Annick NOTTER, dernière Conservatrice générale du musée du Nouveau Monde et Directrice des Musées d’Art et d’Histoire de La Rochelle, nous propose une conférence exceptionnelle au cœur du musée du Nouveau Monde installé dans l’Hôtel Fleuriau, riche demeure d’une famille de négociants rochelais du XVIIIe siècle.
Dans un cadre prestigieux, le musée retrace, à travers une très belle collection, les relations de la France avec les Amériques et en particulier celles qui unissent La Rochelle au Nouveau Monde.
Dans la lignée du cycle consacré aux grandes aires culturelles amérindiennes, l’exposition “Les Fils de l’Aigle. Indiens des Plaines et des Prairies” lève le voile sur le quotidien de ces populations aux traits bien différenciés de l’ouest des Grands Lacs aux Rocheuses et du Texas aux Birch Mountains, vivant pendant des siècles de chasse, pêche et agriculture.

Conférence-visite suivie d’une pause gourmande dans un salon privé de l’hôtel Le Champlain

Le titre de cette conférence est une paraphrase d’un vers célèbre d’un poète du XVIIIe siècle : le trident de Neptune est le sceptre du monde. Puissance maritime avancée du milieu du XIIIe siècle jusqu’au XVe, la Chine s’est brutalement retirée de la mer au moment où l’Occident découvrait l’océan et commençait une expansion maritime conquérante.

Les relations contrastées de la Chine avec la mer et les conséquences de sa politique maritime quant à sa puissance illustrent parfaitement cette affirmation.

LE TRIDENT DE NEPTUNE EST LE SCEPTRE DU MONDE

Les relations contrastées de la Chine avec la mer et les conséquences de sa politique maritime quant à sa puissance illustrent parfaitement cette affirmation. Puissance maritime avancée du milieu du XIIIe siècle jusqu’au XVe, la Chine s’est brutalement retirée de la mer au moment où l’Occident découvrait l’océan et commençait une expansion maritime conquérante. Puissance absolument continentale, la Chine est alors allée de contraintes en humiliations, jusqu’au mépris du «chinetoque » et jusqu’aux canonnières
du Yang Tsé. La nouvelle route de la soie n’est qu’un élément du retour fracassant de la Chine sur les mers. 14 des 20 premiers ports du monde sont chinois, dont les deux premiers (17 sont asiatiques).

FRANÇOIS BELLEC

Le parcours du contre-amiral François Bellec est atypique. Il mêle la marine, les arts plastiques, le
patrimoine et l’histoire. Ses expositions régulières lui valurent d’être nommé en 1975 dans le corps
des Peintres officiels de la marine dont il est président d’honneur. Il a présidé de 2004 à 2012
la Société Nationale des Beaux-Arts.
Réorientant sa carrière d’officier de marine, il fut nommé en 1980 directeur du Musée national de
la Marine, fonctions qu’il allait occuper pendant dix-huit ans. Il a été élu en 1988 membre associé étranger de l’Academia de Marinha du Portugal, en 1990 membre de l’Académie de Marine qu’il a présidée de 2002 à 2004 et en 1997 membre de l’Académie des Sciences d’Outre-mer.
Il a été l’expert pour le patrimoine nautique de la Commission nationale des Monuments
Historiques de 1998 à 2017. Il est vice-président de la Société de Géographie.
Conférencier et consultant sur l’histoire de la mer, de la navigation et de l’exploration du monde, il a publié une trentaine de titres.
Il est membre du groupe des Écrivains de Marine fondé par Jean-François Deniau. Il a reçu en 2013 le Grand Prix des Sciences de la Mer Albert 1ᵉʳ de Monaco en sciences humaines, et en 2016 la Médaille navale Vasco de Gama pour services rendus à l’histoire maritime du Portugal.
Administrateur (depuis sa fondation en 1997-2008) Président (1997-2001) de l’Établissement public du Musée maritime de La Rochelle.

Joshua est sorti de l’eau ce mercredi 27 février pour les travaux de carénage : nettoyage de la coque, antifouling, découpe du pont pour remplacer la tôle sous le guindeau et mâtage.
Visualisez au bas de cette page les quelques photos et vidéos du travail de l’équipe Joshua des Amis du Musée Maritime qui donnent sans compter leur temps et leur énergie.

Les joyeux lurons au travail

Depuis la mi-novembre, Joshua a cessé ses navigations pour recevoir les soins attentifs des joyeux lurons décapeurs de rouille sous la houlette de Daniel Combot. Daniel a accepté de remplacer progressivement Jean-Alain Berlaud dans le rôle de responsable des bénévoles de l’AAMMLR assurant l’entretien de ce bateau mythique qui, il faut le rappeler, navigue en moyenne 150 jours par an.
Christine, Serge, Jean-Pierre, Joël, Bernard, Daniel, Jean-Alain sont au travail chaque mardi et sont heureux d’accueillir cette année Bertrand, Sandrine et Laurence qui viennent féminiser et abaisser notablement la moyenne d’âge du groupe. Pierre, venu prêter main-forte à la mise au sec, va sans doute rejoindre les décapeurs.
Depuis le début des travaux, Joshua a été muni de sa “cathédrale”, permettant aux équipiers de travailler à l’abri des intempéries. Elle sera démontée dès que les travaux sur les chandeliers commenceront.

Les travaux entrepris cette année :

  • changement de l’antenne VHF et son câble (ce qui a obligé au démâtage du grand mât)
  • réparation des fourrages de haubans
  • démontage de quelques hublots (4) pour traiter des points de rouille
  • remplacement de chandeliers tordus ou corrodés à la base (pris en charge par le Musée Maritime)
  • rénovation du guindeau
  • remplacement de la tôle de plage avant supportant le guindeau et le bittard avant (pris en charge par le musée).
  • remplacement à neuf de la chaîne d’ancre (60m de chaîne galvanisée de 10 mm)
  • rénovation des équipets des toilettes
  • ponçage et peinture du coffre bois (logement du radeau de survie)
  • ponçage, rebouchage et peinture de la jonction baignoire cockpit
  • remplacement des cadènes de fixation des palans d’écoute de grand voile
  • remplacement à neuf du foc et de la voile d’artimon (pris en charge par le Musée Maritime)
  • rénovation du pied de la table à cartes
  • rafraîchissement du vernis de la table à cartes
  • rénovation peinture et vernis de l’espace cuisine
  • remise à son aspect d’origine de l’œil de Joshua
  • plus tous les travaux d’entretien annuel de routine : maintenance moteur, carénage, peintures, œuvres mortes et pont, antifouling, nettoyage WC marin, nettoyage et rangement.

Sauf imprévu, tout sera fait pour que Joshua soit prêt à naviguer début avril, afin d’être présent le 22 avril aux Sables-d’Olonne pour la remise des prix de la GGR 2018 (Golden Globe Race).

Joshua : les travaux d’entretien en images…

Patrick Schnepp est décédé le 20 novembre 2018. Il laisse un gros héritage à La Rochelle. Toute sa vie, il aura été animé d’une passion pour la conservation, la réhabilitation, la restauration, l’animation du Patrimoine Maritime sous toutes ses formes.

En témoignent la flotte de navires classés du Musée maritime, le travail sur le Patrimoine immatériel (la mémoire des gens de mer), l’Association des Amis avec ses activités de mémoire maritime en action, le Yacht-Club Classique avec ses superbes yachts traditionnels, la conservation précieuse des Archives du Yachting…

Son ambition : doter la ville de La Rochelle d’un puissant outil touristique, culturel et économique pour la placer au premier rang de la conservation dynamique du patrimoine maritime européen. C’est grâce à son énergie, son enthousiasme, sa bonne humeur et sa joie de vivre qu’il a pu créer ce rassemblement et tous ces partages pour la mer et les bateaux.

Patrick était une personnalité dont la vision et l’œuvre n’ont jamais laissé personne indifférent. Cette volonté de partage pour la mer et les bateaux à La Rochelle est une belle histoire pour le Musée maritime, les Amis du Musée maritime et la ville de La Rochelle.

Nous avons souhaité éclairer ce parcours avec les treize témoignages, ci-dessous, de certains de ses compagnons de route. 


De rêve en rêve

Alain Barrès, président des Amis de 2010 à 2013

C’était le début d’une belle histoire. Pour son premier poste France 1 était amarré à l’entrée du Bassin près de l’écluse. Patrick m’avait entraîné sur le pont supérieur et d’un geste auguste vers le large… il me montrait le fond du bassin ! “Tu vois la Frégate sera amarrée au bout de l’épi, les autres bateaux du musée tout autour lui feront escorte. Imagine le Slipway remis en état pour le carénage des grands bateaux du patrimoine : Notre-Dame ou le Belem par exemple. Les visiteurs pourront suivre en vrai l’activité d’un chantier vivant. Dans cette partie du bassin seront amarrés les yachts classiques pavoisés dans une ambiance de fête qui rappellera les arrivées des courses Plymouth-La Rochelle. Le musée à terre occupera la grande salle “bord à quai” avec vue sur le bassin. Des maquettes télécommandées évolueront dans un grand bassin pour expliquer aux enfants (et aux grands) comment marche un voilier. Dans le “couloir du vent” les visiteurs apprendront à subir un Force 7, bien sûr on gardera “dans son jus” une loge de mareyeur en souvenir des générations de pêcheurs et de trieuses qui déglaçaient, conditionnaient, vendaient le poisson sur ces quais…”.

Ainsi nous voguions de rêve en rêve. Aujourd’hui le Musée Maritime reçoit des milliers de visiteurs. Il ne ressemble pas tout à fait aux rêves fondateurs sauf pour l’essentiel: Patrick nous a donné le goût des ambitions un peu folles, à nous les Amis de poursuivre. Pourquoi ne pas faire de la collection “Petite plaisance” un monument historique ? C’est fait ! Pourquoi ne pas sauver Damien ? Patrick avait donné le signal en le faisant classer, Il est magnifique avec sa peinture neuve ! J’ai eu la chance d’être avec lui et l’amiral Bellec pour leur montrer l’avancement des travaux. Ce n’était donc pas que du rêve!

Merci Patrick !


Un pouvoir de séduction redoutable

Bernard Bellanger, soutien indéfectible de Patrick

Patrick, je ne parlerai pas de ton œuvre, les amis ici la connaissent bien, mais de quelques souvenirs un peu plus personnels de toi choisi parmi des milliers.

Premier souvenir:

Souviens-toi de cette anecdote que tu as racontée au moins 20 fois. Eh bien je vais la rappeler un 21e fois pour nos amis ici présents.

Cela se passe en 1992. Auparavant souvenez-vous: 1988, grand rassemblement de vieux gréements. Sur le port de Douarnenez tables, frites et Dan Ar Braz, le serment du patrimoine maritime. Chaque port doit reconstruire une réplique ou quelque chose en rapport avec son histoire maritime. Rendez-vous dans 4 ans à Brest.

Juillet 1992, le magnifique rassemblement organisé par Jakez et Anne Burlat, Le Renard de Surcouf, Fleur de Lampaul, bisquines, La Cancalaise et la Granvillaise, La Belle Angèle, La Belle Etoile, réplique du dundee langoustier de Camaret avec son mât en travers du pont, les grands trois mâts, enfin bref 2000 bateaux de toute taille saluent avec leur corne de brume la mise à l’eau de La Recouvrance. J’accompagne des clients en tant que directeur d’IBM France région ouest (Cherbourg à l’Aiguillon, Vendée), un des sept sponsors de La Recouvrance.

Après cette cérémonie très émouvante aux dires des participants, Patrick s’approche, m’entreprend et commence un long et passionnant discours sur La Rochelle, l’histoire, le patrimoine, les entreprises au secours du mécénat, etc., etc. Son pouvoir de séduction est redoutable, la logique imparable… J’écoute cerné par tant d’arguments, tant de belles choses… Et enfin, quand il me laisse la parole, encore un peu sonné, je lui dis simplement : mes pouvoirs s’arrêtent au pont du Brault. RIRES ENORMES de Patrick.

Ce fut la fin de cet entretien (monologue) historique… mais la graine de la collaboration venait d’être semée. En effet, 1993, La Recouvrance à La Rochelle, nous reprenons contact à bord entre 2 kikafarces redoutables du cuistot breton et organisons grâce à Maxime Bono la rencontre des maires de Brest et de La Rochelle. Michel Crépeau écrira plus tard à IBM France pour envisager un partenariat plus large.

Notre collaboration était partie pour 25 ans

Deuxième souvenir:

 À cette époque, la pêche rochelaise part pour Chef de Baie, l’encan sud est annexé de poissons morts dans les égouts bouchés.

1995: le Jubilé Harlé Claude envahit le bassin, beau souvenir. Tu m’installes un bureau au 2e étage, vue sur les tours. Tu me convies ou plus exactement tu me convoques, tous les mardis matin pour un point studieux, gestion du courant, etc. Il m’a fallu un an pour m’apercevoir… incorrigible tu es… que tu n’avais pas lu un seul de mes rapports hebdomadaires. Pas ta tasse de thé… Mais l’important tu l’avais parfaitement en tête.

Troisième souvenir:

AAMMLR : tu me charges du développement de l’Association des Amis du Musée et me remet une boîte à chaussures avec sur des fiches cartons 40 noms écrits au crayon de papier et classés par prénom… De quoi tuer sur place un ingénieur d’IBM encore en activité…

Oui mais après quelques achats de PC et logiciel, je m’apercevais que 1050 personnes répondaient à ton appel. C’était l’essentiel comme toujours.


Le charisme de Patrick

François Bellec, amiral, directeur du Musée de la Marine pendant 17 ans

Un matin du siècle dernier, un visiteur en rendez-vous entra dans mon bureau au Palais de Chaillot. Ce grand jeune homme rayonnant de confiance et de persuasion m’apprit qu’il avait entrepris de fonder une association pour préserver la tradition de la pêche rochelaise, sauver une drague à vapeur, et restaurer la mémoire de l’héritage maritime de La Rochelle. Il me demanda s’il était en droit de nommer son projet Musée de la Marine de La Rochelle. Je répondis à mon visiteur que c’était libre à lui, mais que personnellement, j’aurais aimé débarrasser le Musée de la Marine de sa trompeuse connotation militaire. Tous les musées du monde dédiés à l’histoire des relations avec la mer étant des “Maritime Muséums”, je lui conseillai de fonder plutôt le Musée Maritime de La Rochelle. C’est ce jour-là que j’ai découvert Patrick Schnepp. Un néophyte candide sacrément gonflé car, selon mon expérience, son entreprise était quasiment utopique.

Ces années 1980 étaient frémissantes. Les Français prenaient conscience ici et là de leur héritage maritime, avec la parution du Chasse-Marée, les initiatives bretonnes pour la construction de répliques de bateaux de travail, la fondation à Concarneau du Musée de la pêche par le précurseur Hervé Gloux, l’ouverture du Musée du bateau de Douarnenez, tandis que des grands voiliers venus d’ailleurs faisaient rêver les foules. J’avais vu le légendaire Mystic Seaport dans le Connecticut, South-Street Seaport à New York, et à Enkhuyzen aux Pays-Bas, à Roskilde au Danemark, à Stavanger en Norvège, d’éblouissants musées vivants dont les bateaux mettaient la mer en fête. Je tentais à l’époque de trouver un havre d’accueil de la belle idée de mon prédécesseur Luc-Marie Bayle, d’un port musée accosté à la citadelle du Port-Louis autour de la Duchesse Anne. Un projet géographiquement et budgétairement irréalisable. J’avais cédé le trois-mâts pour un franc symbolique à la ville de Dunkerque qui montait son Musée maritime et portuaire, et j’allais de déception en déconvenue tout au long du littoral français.

À quelques encablures, je restaurais l’hôtel de Cheusses et le Musée de la Marine de Rochefort. Dès ma première visite de bon voisinage à La Rochelle, il m’apparut que mon visiteur visionnaire était en train de réussir ce dont je rêvais, alors que l’emblématique Musée du bateau de Douarnenez prenait l’eau dans un fin fond inaccessible dix mois sur douze. Patrick avait déjà rassemblé autour de lui les enthousiasmes spontanés et les engagements solidaires qui manquaient partout ailleurs, dans le site exceptionnel du bassin des chalutiers et de l’encan, au cœur d’une ville naturellement attractive. Il s’était attaché des partenaires aussi irremplaçables et généreux que Jacques Bourdin, des amis au cœur sincère de toutes origines, résolument engagés, unis, solidaires, fondus dans leur même passion des métiers de la mer et de la belle Plaisance. Et ce formidable potentiel était porté par des élus tout autant enthousiastes qui lui faisaient confiance : Michel Crépeau et Maxime Bono. Il était parvenu au grand œuvre des alchimistes.

Alors, grâce au charisme de Patrick et à sa joie dévorante de créer et de vivre avec passion, le Musée Maritime de La Rochelle, ses Amis consubstantiels et le Yacht-Club Classique sont allés de grandes heures iodées en fêtes joyeuses dont je suis toujours revenu avec mélancolie, avec le regret de quitter une exceptionnelle confraternité de la mer. Jusqu’à l’adieu en foule derrière ses femmes fusionnelles Marie et Mélusine, qui a éclairé un jour bien triste d’une lumière de fête comme il les aimait.


La grande histoire de l’aventure maritime rochelaise

Maxime Bono, ancien député et ancien maire de La Rochelle

Patrick aura porté et donné forme à une part des rêves de bien des Rochelais. En imaginant un musée maritime à flot dans le bassin des chalutiers que la pêche s’apprêtait à quitter pour Chef de Baie, il permettait à la Ville de ne pas se couper de son histoire maritime.

Il aura servi, réveillé même, la part maritime la plus profonde de La Rochelle. Car il avait une profonde et sensible connaissance de l’esprit de La Rochelle, cet esprit d’aventure, qui tout au long de l’histoire de la Ville s’est manifesté dans le commerce comme dans la pêche ou plus récemment dans l’aventure du nautisme.

C’est cette grande histoire de l’Aventure Maritime Rochelaise que le Musée imaginé par Patrick avait l’ambition de porter.

Une ambition partagée par Michel Crépeau qui n’hésita pas même 20 secondes, quand Patrick vint lui proposer d’acquérir le France 1, aujourd’hui bateau amiral d’une flotte de 8 navires classés monuments historiques, qui sans lui auraient été livrés à la ferraille…

Et chacun se souvient de l’arrivée de Joshua, qui signait la reconnaissance internationale de l’action de Patrick.

Cette ambition aura connu un brutal coup d’arrêt lorsqu’il fut congédié à quelques mois de l’ouverture des installations à terre du Musée qu’il avait conçu.

Plus encore que l’inélégance avec laquelle il fut mis fin à ses fonctions, l’abandon de cette ambition portée depuis si longtemps l’aura profondément affecté et même véritablement blessé.

Sans doute a-t-il alors douté, non pas de la justesse de son engagement, mais de l’écho réel qu’il avait eu sur la ville…

Notre présence aujourd’hui, les nombreux hommages qui lui ont été rendus, l’émotion qui a saisi la ville toute entière, témoignent que son combat était bien plus largement apprécié qu’il ne l’avait sans doute alors, lui-même soupçonné.

Patrick fut un combattant; fidèle à ceux qu’il aimait, à sa famille, à ses amis et ses idées.

On le surnommait affectueusement l’amiral mais c’était plus sûrement un des derniers corsaires rochelais. Comme ses prédécesseurs corsaires protestants, il aura considérablement enrichi la Ville: nous lui devons l’un des plus beaux et plus emblématiques lieux de La Rochelle, dans le bassin des chalutiers.

Aujourd’hui, je salue l’ami, le Pacha du Musée Maritime, figure emblématique et chaleureuse de La Rochelle.


Patrick, Le Schnepp, Kerschneppénec

Anne Burlat, organisatrice d’événements maritimes, Brest,

Douarnenez, Semaine du Golfe avec Jakez Kerhoas

Putain, la mort fait vraiment chier ! Et elle est encore plus scandaleuse quand meurent les êtres les plus vivants, les plus vivaces, les plus vitaux.

Schnepp, c’est plus de vingt ans d’amitié, de collaboration rigolarde, de complicité aussi “professionnelle” que, ça va de soi, “crapuleuse” !

Quand il faisait escale chez nous, à Rochefort, il s’agissait d’abord d’être en mesure de sortir une bouteille carrée. L’achat de “Ballantines” était toujours la joyeuse anticipation d’une visite du Kerschneppénec. Des fois, comme il n’avait pas confiance, il amenait la sienne… et nous, on en avait déjà deux. Je tiens le Schnepp pour unique responsable d’une surpopulation de bouteilles carrées dans mes placards.

Mon émotion Schneppienne, c’est aussi le superbe trio Patrick, Marie, Mélu: une tribu plus qu’une famille, avec toute la chaleur, toute la joie et toute l’intelligence de la ferveur familiale mais sans les lourdeurs, sans les contraintes, sans les frayeurs…

Votre grande baraque baroque : un havre, un gîte, un QG, un clandé, parfois un dance floor, en tout cas toujours un lieu à la fois de confort et de surprises.

Schnepp, je te revois dans tellement de souvenirs nautiques, portuaires, urbains, ta silhouette efflanquée et ton petit bonnet de docker brestois…

La dernière fois que nous étions chez vous, Marie, il y a si peu de temps, nous avions tous pris les vélos de la rue de Tunis jusqu’au marché. Et puis fait des courses, et les deux mecs avaient traîné un peu parce que, eux, ils faisaient les “vraies grosses courses”, of course…. Et là, il faut dénoncer l’un des très nombreux et très déplorables points communs au Schnepp ou et au Kerhoas : la totale incapacité d’acheter de la bouffe pour moins de douze… nous avons donc déjeuné à six comme prévu et bien sûr dans le rab il y en avait pour dix-huit, et donc normal, au dîner on était vingt-deux… Encore une soirée impromptue et magnifique. Jamais nous n’aurons bu si jeunes et si allègrement que chez vous !

Plus sérieusement, et c’est tout aussi inoubliable, Schnepp nous a aidés et soutenus sans relâche, dans toutes les fêtes que nous avons pu organiser : à Brest toutes éditions, à Douarnenez avec la Coupe des Deux Phares, et encore plus déterminant, dans les premières “Semaines du Golfe” où l’armada des Classiques et tous les équipages du YCC ont “fait le show”, nous ont apporté la crédibilité, la qualité marine, le super réseau dont nous avions tellement besoin… sans parler de l’ambiance, quand le PatMar se fait Rock n’ Roll ! Merci à Schnepp, le généreux, le facétieux, le malicieux, le fougueux, le porteur d’événements heureux !

Il y a assez ici de vrais nautiques pour imaginer et mettre en place une régate ou une course ou un rassemblement qui s’appellerait “La Schnepp Race” ou “Regatta” ou “Coupe”… Moi, c’est plus dans mes cordes, je veux bien suggérer une recette de Schnepp’s Cocktail : une belle dose basique de whisky carré pour sa soif d’intensité, un trait de citron pour son humour acidulé et tonique, un chouïa de bitter pour sa poétique amertume, un baquet d’eau de mer pour son profond sentiment océanique… et sur le tout, une grande louche d’une liqueur moelleuse et douce comme le lait… de sa tendresse humaine.

Hey, barman, mettez-nous un Schnepp… bien tassé et pour tous les amis, c’est ma tournée !!


L’amiral Schnepp

Patrice Da-Costa, plus ancien salarié du Musée avec Johannes Raymond

Un Homme avec un grand H. Du cœur, il en avait un énorme. On l’aimait ou on le détestait, mais il ne laissait personne indifférent. Du courage, il en avait aussi. De la folie aussi, quand on commence à piquer la rouille tout seul d’un bateau de 2 200 tonnes.

Patrick était aussi un transmetteur de passion, c’est pour cela que nous étions quelques TUC à bosser quelquefois jusqu’à 3 ou 4 heures du matin dans la joie et la bonne humeur.

Il aimait les gens, la mer et son musée, car pour moi, c’est son musée pour toujours.

Je suis fier de l’avoir connu et d’avoir travaillé avec lui.


Un soutien et un ami

Jean-Pierre Després, skipper de Notre-Dame des Flots, ami de Patrick et du Musée

Patrick était un ami. Sans lui, je ne serais pas resté à La Rochelle. Il a toujours manifesté un soutien indéfectible à Notre Dame des Flots et à son histoire. Il a pas mal navigué avec nous à bord.

Toutes ces années, j’ai toujours été en lien avec Patrick et avec le musée. J’ai pu transmettre ce que je savais de la mer au personnel du musée. J’ai considéré les bateaux du musée et les yachts classiques comme les miens. Je vérifie les amarrages. Au moment de la tempête Xynthia, nous avons refait tous les amarrages des bateaux du musée avec Johannes et ils n’ont eu aucun problème. J’avais compris que la mer allait déborder ce jour-là.

Patrick avait l’art de fédérer les gens et de bien s’entourer, l’art de faire passer ses rêves.

J’ai été aussi son compagnon de bringue et son garde du corps quand on partait en virée. Marie était rassurée en sachant que j’étais avec lui.

Patrick aimait la vie, il vivait à 100 à l’heure. Nous sommes restés proches jusqu’à la fin.


Un rêveur, un poète, un créateur

François Drageon, avocat, membre de la première équipe du Musée Maritime

Te voilà devant nous tous réunis. Hier, en marchant derrière mes chiens qui couraient, je pensais à toi et à ce que je devais, à ce que je pouvais te dire tandis que tu pars tirer ton dernier bord.

A la vérité, je ne dois rien te dire, mais tout juste le puis-je, à raison de notre vieille amitié.

Te dire que ma fille, très jeune enfant, n’arrivait pas à prononcer ton nom qui la faisait rire. Aux éclats. Elle en inventait des dizaines en déclinaison, qui à chaque fois la faisait pouffer, d’un rire spontané de sa petite voix. J’avais beau lui expliquer, lui prononcer ton nom, lui dire qui tu étais, ce que nous faisions ensemble, rien n’y faisait, la seule évocation de ton nom la plongeait dans le rire.

Ta rencontre ne changeait rien à la situation. Tu la faisais rire aussi.

Certains pourraient voir dans ce rappel une forme de manque de respect, une de ces choses que l’on ne dit pas lors d’un hommage. Et pourtant…

Je te suis reconnaissant Patrick, d’avoir su, toujours, et même dans les moments les plus compliqués des travaux, voire des missions, que tu t’étais fixé, donner aux autres le sentiment que tout cela était simple, que tout cela était drôle. Ce sentiment de joie même qui nous unissait tous, blancs, noirs, grands, petits, pauvres ou moins pauvres, sur le France 1, perdu à quai à La Pallice, rouillé, gardé par un improbable marin grec que rapidement tu conquérais à ton espoir insensé.

Que n’avons-nous pas entendu…

Le rire en réponse, Ton rire en réponse a finalement été une arme d’une redoutable efficacité.

Nous avons bien ri.

Mais pas que… Je te suis reconnaissant encore Patrick, d’avoir été un rêveur, une forme de poète en quelque sorte. Avec désinvolture, pensaient tes détracteurs – car tu en as eu – et Dieu sait combien – avec une grande élégance dans le débat – même une forme de dandysme – trouvions-nous, nous, tes copains, même lorsqu’à la mise à l’eau des chaloupes du France 1, je me retrouvais dans le port en costume, pour n’avoir pas vérifié une échelle de coupée qui séchait au soleil depuis 15 ans…

On ne dit pas ça quand on parle à des obsèques ? A toi, je sais que je peux bien dire ce que je pense, et que même tu m’en voudrais de faire dans l’asepsie.

Des détracteurs, donc, tu en as eu. Mais que reste-t-il en fin ? Il reste mon cher Patrick, ton regard malicieux, ton sourire, ton nom imprononçable, il reste, Patrick, Mélusine et Marie, et maintenant ton petit-fils que tu as eu la chance de rencontrer.

Cela, c’est ce qui est important.

Mais dans nos regards, dans nos mémoires, il reste cette formidable idée qui a été la tienne : faire de La Rochelle une des premières villes de France qui consacre une partie de son énergie à la préservation de son patrimoine maritime, jusqu’alors très négligé parce que pas aperçu. Tu as eu de beaux alliés : Michel Crépeau, Maxime Bono, l’amiral Bellec, Jacques Bourdin, tes copains de Concarneau, tes amis du Chasse-Marée, et j’en passe, qu’ils me pardonnent.

Ceux-là, tu les as convaincus, les uns facilement, les autres par ta conviction.

Et encore, il reste tous ceux qui ont travaillé avec toi, dans des conseils, réunions et palabres qui n’en finissaient pas ou souvent au matin.

Et encore, ceux qui trouvèrent un espoir et parfois même le seul qu’il leur restait, dans tes projets qui devenaient de moins en moins fous au fur et à mesure qu’ils prenaient forme. Tu n’avais pas de lecture de classes : aussi à l’aise avec un élu rétif à ton idée qu’avec notre gardien du France 1 qui empilait des cuites historiques et qu’on trouvait endormi, sous-traitance de la garde étant alors assurée par son berger allemand en vérité plus doux qu’une peluche. C’est “quinze mille”, le gardien de l’écluse qui te prévenait des coups durs, quand il pouvait, c’est-à-dire quand il n’était pas dans le même état que notre gardien. Non, je ne raconterais pas pourquoi on l’appelait quinze mille sur le port… pas ici.

Il faut bien que je te dise, cher ami maoïste – que ce n’est pourtant pas là que tu m’as fasciné.

Mais ton sens incroyable du faire, ça oui, c’était fascinant ! Et aussi cette capacité à ingurgiter tant et tant de savoirs, (pas le droit – ce savoir, vraiment, j’en suis témoin, tu n’y arrivais que sur mes oukases…) pour le restituer, embelli. La pêche et l’ARPV, la train de drague n° 6, les noms des bateaux et des hommes, le port de pêche et ses mareyeurs, ses expéditeurs, leurs relations – Songez que c’est Patrick qui m’a fait lire et découvrir les Rôles d’Oléron qui sont aujourd’hui unanimement regardés comme l’un des socles du droit maritime… – , la criée, les relations de port à port, puis encore la Marine marchande, les trafics entre l’Afrique et notre Port, son histoire, la traite de nos frères africains, puis les grumes, les marchés, céréales, pétrole, poulets, rien ne t’échappait, et… les hommes, encore les hommes, la Delmas, la Delmas Vieljeux, la SNACRP (tiens, je te dois d’avoir présidé la première entreprise d’insertion par l’économie, INSERTECO, qui recueillait 50 salariés du chantier naval pour les affecter à des travaux sur le France 1, notamment. J’avais 25 ans ! Tu ne doutais de rien…), le Port de commerce, la plaisance, Moitessier, Joshua et ses folles équipées, les vieux gréements, que ton génie regroupait, les hommes, encore eux, propriétaires ou marins, artisans, charpentiers, accastilleurs, transporteurs, ferrailleurs qui donnaient naissance au Yacht-Club Classique… point de rosée de tes amitiés, tous les vendredis soir.

En écrivant cette liste… je vois l’ampleur de ton travail.

Je vois où nous étions, et où tu nous as emmené, à grands renforts de rires, de fêtes mais aussi de conviction et de travail.

Nous savons donc où tu nous as emmenés.

Et en bon marins, nous allons, cher Patrick, continuer le voyage.

Je ne sais pas si tu aurais bien aimé que je te dise tout cela.

Merci, mon ami.


Le rire de Patrick

Jean-Yves Gallet, président des Amis de 2006 à 2009

Joshua est au plain sur le platin Est de La Flotte ! Le maladroit skipper du jour obtient une remorque, tire, force, rompt l’arbre d’hélice, rentre à la voile à La Rochelle avec une finale motorisée SNSM peu glorieuse.

Confus, déconfit, notre skipper me demande d’intercéder auprès de Patrick pour obtenir pardon et absolution, disposé qu’il est à faire pénitence si nécessaire.

Me voici dans le bureau directorial avec un beau discours portant la contrition de notre pauvre skipper quand, se levant dans un grand éclat de rire, Patrick va prendre sur une étagère “Le Miroir de la mer“, l’ouvre sans hésiter au chapitre sur “l’échouage” et tel Pierre Brasseur dans ses plus beaux jours, me lit le texte de Conrad. Merveille, je suis béat d’admiration quand Patrick ajoute : “Tu sais tout le monde a un jour échoué son bateau, ce n’est parfois qu’une erreur humaine, pas forcément un déshonneur. Tu diras à ton copain, que lors de notre prochaine rencontre, il ne se détourne surtout pas du chemin, je lui serrerai la main avec amitié”. Merci Patrick, mais… la facture ? Ah oui la facture ? Je n’ai jamais eu la réponse.

Le plus court chemin d’un point à un autre n’est pas la ligne droite : c’est le Rêve. C’est la gorge serrée que j’évoque mes années de présidence avec un Patrick Schnepp toujours ouvert à nos plus joyeuses élucubrations sur le devenir de notre belle Association, jubilant quand j’ai eu le front d’écrire qu’un jour nous serions 1000 adhérents avec tout ce que cela comporte d’activités à créer, d’équipes à faire rêver pour agir. C’est un lieu commun de le dire, peut-être, mais on succède à Patrick Schnepp, on ne le remplace pas.


Patrick Schnepp, l’aventurier du Musée Maritime

Yves Gaubert, journaliste spécialiste des bateaux du patrimoine maritime, ami de Patrick

Membre de la Gauche prolétarienne en 68, Patrick a eu plusieurs vies (voyageur en Afrique, ostréiculteur, brocanteur et autres) avant de se lancer à corps perdu dans l’aventure du musée maritime. Son charisme, sa puissance de travail, son enthousiasme, sa capacité de persuasion et d’entraînement, de nombreux soutiens lui ont permis de développer le musée pour en faire un des plus beaux sinon le plus beau de France.

La vue du fond du bassin des chalutiers témoigne pour lui. Débarqué avant qu’il n’ait pu achever son projet, Patrick ne s’en est pas remis. Mais précurseur avant tout, il est parti en éclaireur pour voir ce qu’il y a de l’autre côté. Adieu l’ami(ral).


Un tourbillon d’énergie

Annie Massias, ancienne directrice adjointe du Musée Maritime

L’Amiral a largué les amarres nous laissant désemparés sur le quai. Patrick Schnepp a été le catalyseur d’une ouverture vers le patrimoine qu’attendait La Rochelle pour signer parfaitement son identité maritime. En 1986, il mobilise Gilbert Maurel, Yves Gaubert et les autres, un équipage d’amis tous unis autour de la conservation de la Drague TD6. C’est à toute vapeur qu’il mènera sa barque vers le but annoncé : un musée maritime à La Rochelle. Convaincant, habile et un rien provocateur, il sait avancer ses pions comme un joueur d’échecs. Il crée autour de lui un tourbillon d’énergie et réveille La Rochelle. Michel Crépeau, le Maire de la Ville ne pouvait qu’être séduit par cet inventeur inclassable qui savait aussi écouter et apprendre vite de ses aînés comme Hervé Gloux, conservateur du Musée de la Pêche de Concarneau ou l’Amiral Bellec, directeur du Musée de la Marine à Paris. France 1 est à vendre ? Ce sera l’arche de sa grande entreprise. Il embarque des jeunes en insertion, dont certains sont restés avec lui jusqu’au bout comme Johannes Raymond ou Patrice Da Costa. L’expression souvent galvaudée ”les copains d’abord” prenait du sens sur ce grand bateau blanc qui réunissait autour d’un “coup de furieux” (un verre de rouge) le chef-mécanicien du Saint-Gilles, la chargée de mission de la chambre de commerce, le directeur de cabinet du Maire et le jeune avocat. Il y a eu des orages, des tempêtes et des grains que l’Amiral a su négocier. Il y a eu aussi de l’allégresse, des succès et des joies qui le rendait si heureux. Et, il y a eu ce triste jour où Patrick a pris son sac et a débarqué.


Conrad, son capitaine de chevet

Gilbert Maurel, dessinateur (entre autres), membre de la première équipe du Musée Maritime

Patrick, vous le savez, était un être complexe, attachant, d’une grande richesse de cœur et de passions.

Sa vie a été l’expression de ce qu’affirme Moitessier dans “La Longue Route“:

Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l’ont fait avec leurs rêves“.

Peut-être est-ce à cause de cette complexité d’être, où il n’avait pas peur de la contradiction, même avec lui-même, oui, peut-être est-ce à cause de cette complexité d’être qu’il aimait tant les livres de Joseph Conrad, dont les personnages sont souvent passionnés mais faillibles, faibles mais héroïques, désenchantés mais qui ne renoncent jamais à affronter la vie.

Avec du Ballantine’s dans les voiles, Patrick pouvait vous embarquer avec Conrad pendant toute une traversée, toute une traversée de nuit !

Patrick se vivait comme le personnage d’un livre de Conrad.

Conrad était son capitaine de chevet.

En ce jour si particulier, j’aimerais vous lire un extrait du ” Miroir de la Mer” de Joseph Conrad. Je trouve que ce texte lui va bien et nous parle de lui. Et je crois que Patrick aurait aimé que Conrad l’accompagne pour son dernier appareillage.

Subjugué mais jamais asservi, j’abandonnais mon être à cette passion qui, variée et immense comme la vie elle-même, eut également ses périodes de merveilleuse sérénité.

Et si quiconque suggère que ceci doit être l’illusion lyrique d’un cœur vieilli et romantique, je puis répondre que durant 30 ans, j’ai vécu avec ma passion. Je parle en ce moment, de cette vie la plus intime, qui enferme le meilleur et le pire qui puisse nous arriver dans les profondeurs de notre tempérament et de notre être, où un homme, en vérité, doit vivre sa passion, seul, sans pour autant devoir renoncer à tout espoir de communiquer avec ses semblables.

Peut-être n’ai-je pas besoin d’en dire plus, en cette occasion particulière, au sujet de ces mots, qui sont mes mots d’adieu, au sujet de ceci, qui est mon ultime état d’âme, peut-être n’ai-je pas besoin d’en dire plus dans mon immense passion pour la mer.

Je la qualifie d’immense, parce que pour moi elle fut immense !

D’autres peuvent la qualifier d’engouement stupide. Ces mots ont été appliqués à chaque histoire d’amour !

Mais quoi qu’il en puisse être, il reste que ce fut quelque chose de trop immense pour être exprimé par des mots“.

Je voudrais conclure avec ce quatrain d’un poème de Baudelaire ” Le Voyage” sur la mort d’un capitaine et, si l’Amiral ici présent, l’Amiral Bellec le permet, j’ai envie de dire ” La Mort de l’Amiral” puisque tel était le surnom de Patrick, ici :

” Ô mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l’ancre.

 Ce pays nous ennuie, ô mort ! Appareillons !

 Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,

 Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Salut et Fraternité, mon Patrick !

Salut et Fraternité à vous tous !


Energie, enthousiasme, générosité

Jean-Paul Russier, membre du Conseil d’Administration des Amis

Je viens d’apprendre par Bernard Ballanger la fin de Patrick Schnepp. Nous nous en doutions depuis vendredi, où Bernard nous avait prévenu au YCC. Il avait depuis deux ans et demi une maladie très dure qui le faisait souffrir et l’empêchait de continuer à être parmi nous.

Mais, ce départ, pour triste qu’il soit, nous renvoie à ce que nous devons à Patrick, à ce que nous avons fait avec lui. Et à ce que nous ferons encore en pensant à lui…

Je voudrais aussi dire en quelques mots ce que nous lui devons.

D’abord l’association des amis qu’il avait fondé, lançant cette opération de patrimoine dans notre ville, pour sauver la drague TD 6, en 1986. 30 ans plus tard. Et nous sommes aujourd’hui des centaines. Le Musée vivant, avec ses grands bateaux, le France 1 et tous les autres; le Yacht-Club Classique et tous ceux qui passent leur temps à réparer, à vernir ces bateaux en bois. Ce lieu superbe où nous nous retrouvons les Vendredis. La jauge classique, cet instrument pour mesurer et comparer les performances de bateaux si différents. Et les régates où nous nous retrouvons régulièrement, celles qui sont très connues sur la façade Atlantique, la coupe des Deux Phares entre Douarnenez et La Rochelle, la Plymouth-La Rochelle. Dans tous les ports on connaît le guidon bleu du Musée Maritime !!

C’est son énergie et son enthousiasme qui firent ce rassemblement pour la mer et les bateaux. Sa passion des hommes, son goût pour l’amitié et le partage des bons moments, la fête et la célébration des arrivées, des départs des Amis après une régate ou une navigation.

C’est sa générosité et son ouverture qui ont attiré auprès de lui tant de personnes et qui a créé tant de groupes, de réseaux et de gens qui ont plaisir à se retrouver. Cela concernait des cercles d’amis, cela concernait aussi de très nombreuses personnes à La Rochelle qui ne le connaissaient pas. Il suffit pour cela de regarder les photos de l’arrivée du France 1 à La Rochelle, une foule innombrable. Cette ville de La Rochelle doit à Patrick Schnepp ce flair de commencer l’histoire du patrimoine maritime à l’heure où personne ne savait ce que cela signifie. Au même moment d’autres entrepreneurs sociaux sauvaient les halles de Paris et le pavillon Baltard ou l’écomusée du Creusot au milieu des années 80. Dans cette entreprise il eut l’appui constant de M. Crépeau.

Et c’est une association qui remit en état le France 1 et les autres bateaux avec des gens, passionnés comme lui, une association où des bénévoles réparaient ; où il était bénévole. Ils fêtaient la mer et ses bateaux, cette aventure vieille de plusieurs siècles. Bien avant d’être le directeur du musée, il n’était même pas salarié mais simplement animé par cette passion.

On pourrait dire Patrick Schnepp est mort trop tôt, alors que le Musée vit sa vie, se développe vient de créer trois expositions. Et devrait se développer encore. Ce serait oublier que cet homme ne comptait pas, il se dépensait sans compter pour rassembler, réunir les uns et les autres.

Il a brûlé sa vie dans cette passion et il nous a aussi transmis cette flamme.

Nous nous rappellerons que les créateurs et les inventeurs ne sont pas nombreux et que sans eux la société ne serait pas ce qu’elle est.

Nous saluons l’homme, nous embrassons l’ami et nous continuerons l’œuvre.

Salut Patrick, on ne t’oubliera pas.

Le Grand Pavois 2018 vient de fermer ses portes le 1er octobre avec une fréquentation importante sur notre stand, autour de la petite plaisance, sur Damien, sur Joshua et avec quelque 80 nouvelles adhésions.

Le point sur Damien

Un temps fort a été consacré à DAMIEN le jeudi 27 septembre en présence de Gérard Janichon, Philippe Tijou (DRAC), Pierrick Garenne (Grand Pavois), de nombreux donateurs, Amies et Amis de l’AAMMLR et sympathisants de DAMIEN.

Voici quelques extraits du discours de remerciements de la présidente, Marie Guélain :
« Mesdames, Messieurs, Chers Amis,
On peut qu’admirer le travail accompli et constater que nous sommes presque arrivés au bout de la restauration du voilier mythique DAMIEN.
Le Grand Pavois annonçait dans son communiqué de presse …la dernière présence à terre cette année avant sa mise à l’eau. Cela reste l’ambition de l’Association et la mienne, mais soyons réalistes, il y a encore à faire avant de revoir DAMIEN naviguer.
Cela ne m’empêche pas de redire que ce pari était tout un challenge que l’association a voulu relever. Il a commencé sous la présidence d’Alain Barrès, Bruno Quinton a pris la relève et cela fait deux ans que je m’applique à faire au mieux dans le respect de l’histoire et de l’aventure humaine sans négliger l’aspect technique.
Il s’agit d’une aventure certes mais surtout d’une entreprise collective partagée avec des partenaires qui nous ont fait et nous font confiance, de donateurs en matériels comme cela s’était produit lorsque Gérard Janichon et Jérôme Poncet avaient obtenu eux aussi du matériel et des équipements des professionnels du nautisme.
Si les Amis du Musée Maritime de La Rochelle sont les maîtres d’œuvre de cette restauration, elle n’aurait pas pu se faire sans l’appui financier de partenaires dont la Direction Régionale des Affaires Culturelles sous l’égide de Philippe Tijou qui a toujours soutenu les projets de notre Association, du Conseil Départemental de la Charente Maritime, du Musée Maritime et la ville de la Rochelle, du Grand Pavois où DAMIEN est exposé depuis 2012 et plus récemment de la Fondation du Crédit Agricole de Charente Maritime Deux Sèvres qui a vraiment permis de passer de l’état dans lequel vous avez vu DAMIEN l’année dernière à l’aboutissement de maintenant. N’oublions pas non plus que les Amis de notre Association ont été extrêmement généreux, je les en remercie.
Cette restauration n’aurait pu se faire sans les dons de matériels et d’équipements offerts par les professionnels du nautisme : INTERNATIONAL et IBA – Volvo Penta et Gwen Marine – Seaview Progress et ER France – JP3 – Galva Atlantique – Lumitube – Eno – Pochon – Rouvreau – Atlantic Loisirs –Sidamo – Rhum Bielle – Sparcraft.
Les médias locaux et nationaux nous ont aussi appuyés, c’est un formidable élan de solidarité maritime que nous poursuivrons et développerons encore davantage.
N’oublions pas les sympathisants de Damien, ils se manifestent du monde entier je n’en citerai que quelques-uns : la Fédération Française de Voile, la Fondation du patrimoine, le Yacht Club Classique, le Lycée maritime et aquacole de La Rochelle, les Compagnons du Devoir, les Scouts Marins de La Rochelle, la Guilde Européenne du Raid, des entreprises (c’est d’ailleurs vers elles que nous poursuivrons notre démarche de financement… nous l’avons annoncé tout à l’heure, il reste environ 70 000 € à trouver).
Mais cette restauration c’est aussi beaucoup d’heures de bénévolat effectuées par les Amis. Je veux rendre hommage ce soir à Joël Selo, Dominique Cherbonnier, Jean-Alain Berlaud, Laurence Dauger et les Amis de la petite plaisance. Ils méritent toute notre reconnaissance et comme il reste encore beaucoup à faire de leur part, allons-y de nos encouragements. Merci Joël, merci Dominique, merci Jean-Alain, merci Laurence et merci à la PPL.
Je ne peux pas ne pas mentionner les chantiers de La Rochelle qui nous ont aidés à en arriver là : Chantier Nautique du Vieux Port, TechniYachtPinta et Chantier Despierres. Nous reconnaissons vos savoir-faire et compétences et l’exprimons très sincèrement.
Gérard Janichon et Jérôme Poncet ont toujours été disponibles pour transmettre un plan, une histoire, une anecdote, des photos, des documents, etc… Gérard a aidé à la réalisation de la nouvelle exposition DAMIEN sur le France 1 que je vous invite à visiter. Gérard, tu as gentiment accepté d’être ici ce soir, pour non pas baptiser DAMIEN mais pour lui rendre « ses belles lettres »…
Je remercie Le Grand Pavois de sa précieuse collaboration et de nous avoir alloué ce temps fort consacré à DAMIEN. »