Texte et photos Yves Gaubert.

Assurer l’avenir à long terme du musée maritime de La Rochelle, développer sa notoriété.

Après le départ de Nathalie Fiquet, le musée attendait une nouvelle direction. Pendant l’intérim, assuré par Elise Patole-Edumba, directrice des musées municipaux, la ville a cherché activement la perle rare. Cristina Baron, conservatrice du musée de la Marine de Toulon depuis 20 ans, est arrivée le 15 mai pour prendre la direction de notre musée bien-aimé.

Un riche parcours

Forte de 40 ans d’expérience, elle travaille à donner une vigueur nouvelle à ce jeune musée âgé de 35 ans, à l’équipage toujours motivé. Historienne de l’art de formation, elle n’est pas étrangère au monde maritime, son long séjour à Toulon le montre. Son mémoire de maîtrise a porté sur Gustave Hervigo (1897-1996), peintre officiel de la Marine. Son grand-père, installé à Alger, était à la tête d’une flotte de pétroliers et amateur de peinture.

« Je suis née à Alger et mes parents se sont installés à Cannes au moment de l’indépendance de l’Algérie. Dans la continuité de ma formation, je suis entrée comme stagiaire au musée national de la Marine à Paris et je suis devenue conservatrice en 1986. »

Pendant cinq ans, elle est rédactrice en chef de Neptunia, la revue des amis du musée de la Marine.

Elle participe à la préparation des expositions sur les peintres Marin Marie et Albert Brenet, sur les galères. Au moment où l’historien du yachting, Daniel Charles, monte le conservatoire international de la plaisance à Bordeaux, elle le rejoint comme adjointe. Le musée s’installe dans la base sous-marine de la ville, un lieu pas vraiment adapté à son sujet malgré le plan d’eau attenant. La collection de bateaux est unique comme celle de moteurs réunie par Kevin Desmond, un spécialiste.

«Daniel Charles s’entendait bien avec Chaban-Delmas, le maire. Mais en 1995, âgé de 80 ans, celui-ci ne se représente pas à la mairie et soutient Alain Juppé qui est élu. La nouvelle municipalité ne s’intéresse pas au conservatoire et c’est la déconfiture. La structure ferme et le musée maritime de La Rochelle prend en dépôt cinq bateaux récupérés à Bordeaux.»

LE MUSÉE DE LA MARINE DE TOULON

Cristina retourne alors au musée de la Marine à Paris. Elle est chargée de mission et en profite pour passer un DESS de gestions des institutions culturelles. Ensuite elle part à Toulon prendre en charge le musée de la Marine de ce port militaire.

«Ce musée est le premier créé en France puisqu’il date de 1814, antérieur au musée de Paris qui ouvre dans une aile du Louvre. Là-bas, pour monter des expositions et faire des projets, il faut être créatif et trouver des moyens sur place, car les budgets sont insuffisants. Mais grâce au travail que nous avons accompli avec mon équipe, nous avons fait passer le nombre de visiteurs annuels de 25 000 à 65 000. Nous nous sommes appuyés, là aussi, sur l’association des amis du musée qui y a une délégation régionale. Par exemple, pour une exposition sur le bagne de Toulon, les amis ont construit des maquettes d’architecture.»

La difficulté d’obtenir des financements pour réaliser les projets qui auraient permis de développer le musée a fait partie des raisons qui ont poussé Cristina a accepté la proposition qui lui était faite de prendre la direction du Musée maritime de La Rochelle. Elle avait des expositions en projet comme les femmes embarquées, la plongée autonome ou les ex-voto, le musée de Toulon aurait pu s’installer dans un nouveau lieu, mais elle n’a pas pu faire aboutir cette réalisation.

Son expertise dans le patrimoine maritime, sa connaissance des bateaux métalliques qui naviguent, des moteurs, son expérience de terrain conviennent pour un musée comme celui de La Rochelle, dynamique et unique en son genre avec sa flotte de navires classés monuments historiques.

La première mission que s’est donnée Cristina est d’obtenir pour le musée le label «Musée de France», un label qu’ont déjà les autres musées municipaux, le muséum d’histoire naturelle, le musée du Nouveau Monde et le musée d’Art et d’Histoire.

ÉLABORER UN PROJET SCIENTIFIQUE ET CULTUREL

Pour cela, elle élabore un projet scientifique et culturel.

«Je me donne trois ans pour élaborer un outil stratégique pour les dix années à venir. L’idée, c’est bien d’assurer l’avenir à long terme du musée. Pour correspondre à tous les critères demandés, il y a encore du travail. Nous avons un problème de traçabilité avec certains objets de la collection. Il est important de pouvoir dire d’où ils viennent, qui en était le propriétaire. Pour donner un exemple, une nasse est un instrument qu’on trouve dans plusieurs musées. Si on n’identifie pas sa provenance et si on ne reconstitue pas son histoire, c’est un simple objet de décoration.»

Dans cette démarche de consolidation des propositions du musée, Cristina s’appuie sur les salariés, une vingtaine de personnes, accueil, équipe technique, médiation… et sur l’association des Amis. En même temps, des expositions sont en préparation pour faire vivre le musée. Il y a l’exposition Gilbert Maurel dont on parle dans ce numéro et une exposition plus importante qui va succéder à celle sur le climat et l’océan.

«Nous allons monter une grosse exposition sur l’émission Thalassa pour rendre hommage à Georges Pernoud qui l’a portée pendant des décennies. Cette émission phare a balayé toutes les thématiques de la mer dont la protection de l’environnement, problème majeur aujourd’hui. L’exposition va être installée dans la salle noire et ouvrira en novembre 2024, celle sur le climat et l’océan fermera fin août. Je réfléchis à la suivante, peut être les ex-voto…»

Le travail ne manque pas avec les bateaux à flot, la collection de la petite plaisance, les collections à terre avec l’exposition permanente sur l’histoire maritime de La Rochelle qui a besoin d’être complétée et la vieille drague à vapeur de 1906 qui meurt lentement dans son alvéole de la base sous-marine à La Pallice.


Le Festival “Les Aventuriers de la mer” s’est tenu du 11 au 15 octobre 2023 à la Cité de la Voile Éric Tabarly et sur le site de Lorient La Base pour mettre à l’honneur les aventurier.e.s maritimes du XXIe siècle. Damien est allé à Lorient en invité.

Chef de bord : Philippe Petit-Prevost ; équipiers : Philippe Paumier et Pascal Dupuy

Un bref résumé de la montée à Lorient

Départ des Minimes lundi 09/10 – 11h / Pétole du Sud/Sud-Ouest.
En prévision de la météo achat de 2 bidons de 10l de gasoil et d’un entonnoir carburant. Journée calme GV- moteur marée descendante à la sortie des Pertuis.
Nuit arrivée Île d’Yeu 2h40 après avoir utilisé le carburant en bidon (presque).
Mise au point sur la fatigue de l’équipage, décision de continuer départ Île d’Yeu 3h30.

Au petit matin passage de la S-N1 chenal Loire, quelque souffle GV – moteur. Passage de la Sud du parc éolien du banc de Guérande, un peu d’air / arrêt moteur GV – Génois (retenue de bôme).
Arrivée sur Belle-Île à 17h mouillage au Bugul (La Truie balise Nord) protégé du Sud-Ouest.

Départ Belle-Île pour Groix matin 8h brouillard sous voile GV Génois, passage des Bivideaux.
Arrivée Groix 17h (ce choix pour ne pas prendre Lorient à la marée descendante).

Départ Groix 10h30 navigation jusqu’à la pointe Beg Melen GV un ris Génois pour s’aligner sur la direction chenal de Lorient.
Arrivée à Lorient à 15h passage de la Citadelle amarrage ponton La cité de la voile.

Visites à Groix après la prise de bouées double en avant-port la capitainerie nous donne un accès catway.
Visites de navigateurs sur place, école des Glénans en Pogo, maître de port de Groix, divers passants à Lorient accueil très chaleureux, visites des professionnels dès notre arrivée, les gens du festival puis des scolaires en extérieur du bateau.

Vendredi force 9 amarrages des drisses, etc., quelques visites ponctuelles.
Samedi visites très enthousiastes de personnes connaissant bien Damien et des découvreurs de son histoire.15 à 16h changement d’équipage en continuant les visites.

Retour La Rochelle avec la voiture d’Olivier Nauton qui a repris la barre.

Texte et photos Philippe Petit-Prevost

Près de 80 adhérents ont répondu présent à l’invitation de l’atelier Petite plaisance à un pique-nique organisé sur la plage des Sablanceaux.

Cinquante Amis du Musée maritime sont venus par la mer sur des “habitables”, 30 ont choisi de rejoindre l’île de Ré par la route.

La météo était excellente et la petite brise d’est a rapidement emmené la flottille de 13 bateaux sous le commandement de Damien à destination.

La mer, calme, a permis un débarquement parfaitement géré par Pascal Fossey et Xavier Allavoine.

Après un apéritif bien sympathique proposé par l’équipe de la convivialité (Claire Vialle, Claudine Leguyader et Alain de Chazeaux), et un partage de pâtisseries préparées par certains, quelques-uns ont plongé une tête dans une eau à près de 20 degrés.

Tout était là : le soleil, la plage de sable fin, une mer douce et surtout ce fabuleux partage de l’amitié.

Les Christian, Maréchal et Vialle, ont remercié les amis de leur présence, ont rappelé l’importance de la PPL au sein des Amis et leur souhait de partager avec les nouveaux adhérents cette passion du travail manuel avec l’objectif noble de la préservation de notre patrimoine maritime.

Il est déjà envisagé de renouveler au printemps prochain cette balade nautique avec, nous l’espérons, quelques dériveurs de la collection.


Organisateurs de cette journée : Patrick Basset, Pascal Fossey, Christian Vialle.

Skippers : Jacques Angioni, Philippe Deracourt, Philippe Joy, Patrick Basset, Serge Chollet, Bertrand Darrieus, Gérard Piégu, Marc Gibouin, Pascal Fossey, Bernard Bablon, Marie Guélain, Cathy Isambert, Christian Vialle.

Il s’agit là d’un artiste connu, fils d’un graveur célèbre, cousin d’Auguste Rodin. Henry Cheffer a été à bonne école, prix de Rome en 1906, il est rapidement un peintre comblé. Pourtant il sait rester personnel et authentique. 41 planches de ses dessins et aquarelles ont été rassemblées et éditées dans un magnifique album d’art “la vie quotidienne en Bretagne”. Il a créé un timbre sur le port de La Rochelle qui ne devrait pas vous laisser indifférents si vous ignoriez le nom de cet artiste.

Henry Cheffer (30 décembre 1880/3 mai 1957) est le fils de Johann-Bernhard Cheffer, un peintre allemand et de Cornelia Lamme, une artiste peintre néerlandaise. Son père était portraitiste et peintre d’histoire à la cour de Louis-Napoléon, roi de Hollande, le jeune garçon fut élevé dans le respect de l’Empire.

Sa grand-mère, Thérèse Cheffer, était la sœur de Marie Cheffer, mère d’Auguste Rodin. Sorti de l’École des Beaux-Arts de Paris où il fut l’élève de Léon Bonnat et de Jean Patricot, il est lauréat du prix de Rome en gravure de 1906. Sociétaire du Salon des artistes français, il expose exclusivement dans ce salon. Il illustre des livres et collabore durant vingt-cinq ans pour L’Illustration. Les banques françaises d’Algérie et de Tunisie, des Pays-Bas et des Indes néerlandaises font appel à lui pour la conception graphique de leurs billets.

En 1911, il grave son premier timbre. Il travaille pour la Perse, la Belgique (dont le timbre à l’effigie d’Albert Ier en tenue de soldat), le Luxembourg, le Danemark et l’Espagne, avant d’être engagé dans des projets pour les postes françaises en 1929.

Ses deux premiers timbres français ont été : le port de La Rochelle et le Pont du Gard; beaucoup de ses timbres ont eux aussi porté des sujets touristiques. En 1931, il dessina des projets de timbres pour l’Exposition coloniale internationale de 1931 : une scène typique par colonie. Mais ils ont été refusés au profit de deux motifs seulement. En 1933, il voit émettre son Aristide Briand imprimé en typographie.

En 1954, son projet de Marianne pour le timbre d’usage courant est refusé. Après sa mort, ce projet a été choisi finalement en 1967, c’est la Marianne de Cheffer (source Wikipédia…)

Dans le Chasse-Marée n°8 de 1983 la 4è de couverture fait la publicité d’un album de dessins, de croquis et d’aquarelles sur la vie quotidienne en Bretagne et ses aspects les plus divers : la vie intense sur les quais, dans les rues, sur les ponts des bateaux ou dans les chantiers (album édité aux Éditions de l’Estran à Douarnenez). Un témoignage exceptionnel et absolument inédit sur les bateaux de pêche et les maisons rurales de Bretagne pendant l’entre-deux guerres.

Le skipper, l’industriel et le maquettiste réunis devant la maquette du Joshua. Photo D. Bourgeon

Deux adhérents de l’association ont fait le déplacement les 16 et 17 septembre 2023 dans cette ville, invités par la municipalité, pour présenter la maquette de Joshua qui fait partie des 9 réalisations des bateaux de la première course du monde en solitaire (la Golden Globe Challenge).

La maquette du Joshua, curiosité et réussite chauffaillonne, a fait rêver le public.

La maquette du célèbre bateau Joshua était présentée à l’occasion des Journées du patrimoine, ce week-end, dans les greniers du château de Chauffailles. Ce voilier, né de la rencontre de Bernard Moitessier, navigateur écrivain, et de Jean Fricaud, génial entrepreneur chauffaillon des années 60, a été construit entièrement à Chauffailles.


Lettre à notre président de M. Hervé Cardon, 1er adjoint à la mairie de Chauffailles

« Un grand merci pour avoir permis la venue des membres de votre association à l’occasion de l’exposition que nous avons organisée pour les Journées du Patrimoine 2023 à Chauffailles, berceau du Joshua.
La maquette a été très appréciée et a attiré les visiteurs en nombre. La reproduction du Joshua est très fidèle, c’était un des rares objets que nous avons pu exposer.
La présence du maquettiste Bernard Mauviel et d’un des skippers du Joshua, Joël Le Laic, a permis au public d’échanger avec eux et de s’immerger davantage dans ce grand évènement qui a eu un beau succès dans notre commune.
Cette exposition sera renouvelée en juillet prochain dans un autre lieu et nous les solliciterons à nouveau. Pour cela, la commune reprendra contact avec vous .
Un grand merci encore ».

Les 26 juillet et 30 août 2023, deux groupes de dessinateurs et aquarellistes accompagnés de leur professeur Francine Gautreau, sont venus découvrir l’atelier petite plaisance et remplir leur carnet de voyage de croquis in situ.

Une douzaine de dessinateurs et aquarellistes de l’Atelier de Francine Gautreau se sont invités à l’atelier de la petite plaisance fin juillet et fin août. Ce lieu très inspirant fut l’occasion de croquis et d’interprétations hautes en couleurs ! 

Francine les a initiés à la technique du Carnet de voyage… “Les bateaux et leur accastillage” fut le thème retenu, laissant bien sûr le champ libre pour croquer bouées, girouettes, pinceaux, cirés rayés, quais et autres lieux typiques de La Rochelle…

Le Bikini, le Du, le Patouche, le Durif et le Bulot… se sont parés et ont offert leur plus beau profil pour l’occasion ! Une démonstration de calfatage a animé le début de la séance de dessin, puis l’atelier est devenu silencieux… crayons et pinceaux frémissant sous les doigts de leurs artistes !

Francine et son équipe ont été sensibles à l’accueil réservé par les bénévoles de l’atelier Petite plaisance qui, le mardi, avaient préparé quelques mises en scène pour faire vivre ce patrimoine maritime cher à l’association des Amis.

Ils ont été sensibles, avec leurs yeux d’artistes, à ce lieu exceptionnel ! Ils reviendront c’est certain… lorsque l’atelier s’animera de bénévoles de la Petite plaisance”.

Bénédicte Dunoyer 

Les 1er et 2 juillet, les Amis du Musée maritime, en partenariat avec le Musée maritime et le Yacht-Club-Classique, ont organisé le “Trophée Michel Rouillé”.

Le samedi, malgré un fort vent d’ouest qui a compliqué le déroulement des épreuves, la parade a pu avoir lieu au grand plaisir des spectateurs du Vieux-Port.

Un beau trophée

Après plusieurs mois de préparation, le jour J est arrivé. Dès le vendredi soir notre équipe de bénévoles était à pied d’oeuvre pour accueillir les concurrentes et concurrents afin de confirmer les engagements pris quelque temps plus tôt.

Le samedi matin le fort vent d’ouest entrant dans le chenal il a été décidé de ne pas courir afin de préserver les bateaux mais de maintenir la parade du soir qui s’est déroulée au grand plaisir des participants et des des spectateurs du Vieux-port. Ce moment magique a été accompagné de Morgane et Kotaya, du Dauphin vert, de Damien et de deux Pen-Duick.

Le dimanche matin, le soleil étant au rendez-vous, les régatiers ont pu réaliser les 5 manches dans une mer bien formée.

Le rassemblement convivial (hors régates) comprenant une dizaine de voiliers a évolué devant Port-Neuf avec tout le bonheur possible d’être à bord de ces jolis “bateaux vintage”. 

Pendant ce temps-là…

Tout le week-end une partie de la collection de la Petite plaisance a été exposée sur les quais du Vieux-Port et dans le Musée maritime, ce qui a permis aux nombreux visiteurs et promeneurs d’apprécier le magnifique travail de restauration effectué par l’atelier de la Petite plaisance.

Nos amis des Accords du Large et quelques-uns de nos chanteurs ont effectué une prestation bien sympathique entre deux nuages sur les quais du Vieux-Port.

Par Yves Gaubert

Saisissant l’occasion d’une disponibilité professionnelle en septembre 1986, Patrick Schnepp a réuni autour de lui une petite équipe avec l’idée de créer un musée maritime à La Rochelle. La première action a été de militer pour la sauvegarde de la drague à vapeur de 1906 qui était toujours en activité. Cette drague à godets travaillait avec deux porteurs de déblais de 1931, le Saint-Marc et le Bout Blanc.

Pour donner un cadre à ce projet, Patrick créa deux associations, la TD6 (train de dragage n° 6) et l’association des Amis du Musée maritime de La Rochelle.

Une première exposition est montée dans la tour Saint Nicolas sur le thème de la lutte contre l’envasement à l’été 1987. En même temps, Patrick persuade Michel Crépeau, député-maire de la ville, de racheter le France 1, la régate météorologique qui n’est plus en service depuis 1985.

Une équipe de bénévoles aidée de jeunes en contrat aidé se constitue pour transformer la frégate en musée. Le 19 juin 1988, le France 1 arrive en remorque depuis La Pallice pour s’amarrer dans le bassin des chalutiers et le musée ouvre avec une exposition sur la météorologie et la vie à bord.

En 1989, le musée fait l’acquisition du remorqueur Saint-Gilles, construit en 1958 à La Pallice. En 1990, un journaliste nautique retrouve Joshua, le ketch de Bernard Moitessier sur la côte ouest des Etats Unis. Patrick trouve le financement pour acheter le voilier sur lequel le navigateur solitaire a effectué un tour du monde et demi sans escale. Grand écrivain de la mer, Bernard Moitessier retrouve son bateau à l’occasion du Grand Pavois de cette année-là.

1991 est riche en acquisitions pour le musée avec la vieille drague, le canot de sauvetage Capitaine de frégate Leverger, le chalutier classique en bois Manuel Joël et le chalutier pêche arrière en acier Angoumois.

Les uns après les autres, ces bateaux sont classés monuments historiques. En 1995, la pêche étant partie s’installer dans le nouveau port de Chef-de-Baie, le musée peut s’installer à terre dans la partie sud de l’encan. Ce premier musée à terre est une réussite avec un plan d’eau pour des maquettes navigantes, un couloir des vents, une exposition consacrée à la pêche, une galerie de peinture (marine), une salle de cinéma, une boutique-librairie. L’association des amis du musée est accueillie dans l’ancien bureau de poste de l’encan.

En 1998, le musée qui était associatif change de statut pour devenir un établissement public industriel et commercial (EPIC), puis en 2001 une établissement public administratif (EPA), enfin en 2008 un service municipal.

En 2005, des travaux de consolidation de l’encan sont nécessaires. La partie à terre ferme et le musée se concentre sur ses bateaux.

La municipalité a un projet très ambitieux avec une grande salle le long du quai, d’autres consacrées à l’évolution du climat, à l’histoire maritime de La Rochelle et à la pêche. Mais il débouche sur une magnifique coquille vide et l’équipe chargée de la muséographie se délite. Le projet est repris par l’architecte Patrick Bouchain en 2011 pour aboutir à la galerie des pavillons installée sous les structures colorées que nous connaissons aujourd’hui.

Le chantier prend du retard et en 2014 les élections municipales mettent une nouvelle équipe aux commandes, dirigée par Jean-François Fountaine. Celle-ci décide de réduire sérieusement la voilure. Exit la tour prévue près du slipway, exit le chantier visitable pour la petite plaisance. La salle bord à quai est reprise par La Rochelle Evénements. L’exposition permanente est installée dans la galerie des pavillons. Le grand hall de ce qui devait être l’entrée du musée devient salle d’exposition temporaire avec la salle noire contigüe et sert pour des réceptions. Le contrat de Patrick Schnepp n’est pas renouvelé. La saga du créateur du musée se termine là.

C’est une nouvelle page qui s’ouvre. Nathalie Fiquet, directrice adjointe prend la direction. De nouvelles expositions temporaires sont créées comme celle sur l’armement Delmas-Vieljeux et actuellement Océan-Climat.

Pour être complet, il faut ajouter que Patrick, passionné par les voiliers du patrimoine, a créé en 1992, la Coupe de Deux Phares entre Douarnenez et La Rochelle, en liaison avec l’accueil des yachts classiques par le musée. Cette démarche a abouti en 2005 à la création du Yacht Club Classique avec François Frey et une équipe de plaisanciers.

Pendant toute cette histoire, l’association des amis du musée maritime a été présente en soutien au musée tout en menant sa vie propre avec tous les ateliers que nous connaissons, les navigations de Joshua, la restauration de Damien, le voilier de Jérôme Poncet et Gérard Janichon, et la création de la collection des voiliers de la petite plaisance.

Malade, Patrick nous a quitté en 2018 laissant à la ville un des plus beaux musées maritimes et toute une dynamique autour du patrimoine maritime qui continue à vivre aujourd’hui.


Depuis 2023, une nouvelle directrice du musée, Cristina Baron, a pris le relai. Une nouvelle page est en train de s’écrire aux côtés de l’association des Amis. Voir l’article qui lui est consacré.

Le grand jour de la mise à l’eau est arrivé !

Le lundi 5 avril, Joshua a été mis à l’eau après deux ans de travaux, puis mâté par une entreprise rochelaise. Vous pouvez apprécier tout le travail de réfection réalisé en visualisant la vidéo.

Par Yves Gaubert

La pandémie est derrière nous, ce qui nous a permis de nous retrouver le samedi 1er avril au Musée maritime pour notre Assemblée générale annuelle. Un apéritif convivial a terminé joyeusement cette assemblée. Christian Maréchal succède à Lysiane Langourieux à la présidence de l’association.

Dynamisme et projets

Avec 400 adhérents (+20%), l’association des Amis retrouve son dynamisme d’avant Covid.

Lysiane Langourieux, la présidente, a passé en revue les nombreuses activités de l’année 2022. La remise de Damien à la ville au Grand Pavois a été un des points forts, mais aussi la restauration de Joshua qui arrive à son terme. Les bénévoles ont été sollicités pour réinstaller le gréement.

L’association a participé à de nombreux évènements et va renouveler sa participation en 2023 : nuit des musées, fête du nautisme, fête du sport et de la science, Grand Pavois. A noter aussi la présence des Amis au départ de la Golden Globe Race aux Sables-d’Olonne avec Damien. La transmission aux nouvelles générations est un des axes développés par la Petite Plaisance avec les partenariats mis en place avec l’hôpital Marius Lacroix, l’association Trëma et le lycée maritime. La solidarité internationale s’est exprimée à travers un concert de chants de marins au profit du la Croix Rouge de l’Ukraine.

Les différents ateliers ont été présentés. Pour l’année 2022, ils représentent 9 500 heures de bénévolat, équivalent à 144 800 euros. Conférences, bibliothèque (1 600 ouvrages), accueil, secrétariat, chants de marins, musique (accordéon diatonique, ukulélé), danse avec les Etournias, navigation astronomique et hauturière, petite plaisance, Damien, Joshua, cuisine des flibustiers, escapades et voyages, communication. Les adhérents ont l’embarras du choix pour les activités.

En 2023, c’est le retour du trophée Michel Rouillé les 1er et 2 juillet avec une cinquantaine de dériveurs attendus dont des participants anglais, suisses et belges. Cet évènement biennal prend de l’ampleur et permettra de mettre en valeur la collection de la petite plaisance, une centaine de bateaux donnés, quarante-et-un d’entre eux inscrits aux monuments historiques. Les régates entre la plage de la Concurrence et la tour Richelieu devraient attirer du monde comme la parade du samedi après-midi au Vieux-port.

L’Assemblée générale a été l’occasion pour Anna-Maria Spano, adjointe au maire chargée des musées de rappeler l’attachement de la ville au musée maritime et elle s’est réjouie de l’orientation vers les jeunes prise par la petite plaisance.

Avec Elise Patole-Edoumba, directrice du Musée maritime par intérim, elle a pu confirmer l’arrivée de Cristina Baron, la nouvelle directrice le 15 mai. Celle-ci dirigeait le musée de la Marine de Toulon et pourra apporter sa longue expérience en matière de muséographie. Le partenariat des Amis avec le musée continue plus que jamais.

À l’issue de l’Assemblée générale, le conseil d’administration s’est réuni pour élire son nouveau bureau.  Lysiane Langourieux qui ne souhaitait pas prolonger son mandat reste au Conseil d’Administration.


Conseil d’Administration 2023

Florence BENETEAUD/Trésorière adjointe – Jean-Alain BERLAUD – Alain BONNEAU – Jean-Pierre BOURON – Catherine BRAUER/Secrétaire – Laurence COMBES – Daniel COMBOT/Vice-président – Dominique FOUCHET/Trésorier – Serge GARNAUD – François GERBAUD – Jacques HILKEN – Lysiane LANGOURIEUX – Jacques LAUNAY – Christian MARÉCHAL/Président – Philippe SARDAIN – Richard TULLOUE – Christian VIALLE

Conférence dOlivier Accarie-Pierson, du  service historique de la Défense

Napoléon et la défense des côtes. Aspects de l’histoire de la fortification impériale, en France et en Europe.

L’objet de cette conférence est de présenter certains thèmes développés dans le cadre de cette exposition, dont j’étais co-commissaire scientifique, en mettant en avant cet aspect particulièrement méconnu de la stratégie napoléonienne : le rôle de la fortification et des places fortes, et l’importance du corps du génie militaire pour le contrôle des territoires, et spécifiquement des côtes et des littoraux de la France et de l’Empire.


Participation :

Adhérents : 6€ – Non adhérents : 8€ 
Inscription obligatoire : de préférence en ligne ci-dessous, ou bien au Carré des Amis ou par téléphone au 05 46 27 20 47.


Un regard inédit sur Napoléon

L’année 2021, « année Napoléon », a été conclue au Service historique de la Défense par la présentation de l’exposition : « Les forteresses de l’Empereur : Napoléon et ses ingénieurs militaires dans l’Europe en guerre », inaugurée à Vincennes en février 2022.

On représente souvent Napoléon comme un conquérant, vainqueur de batailles nombreuses, en Égypte, en Italie, en Europe centrale, en Russie. On oublie un aspect essentiel de la pensée de cet artilleur de formation, nourri de la réflexion militaire de son époque : l’utilisation de la fortification et des places fortes dans le cadre de sa stratégie d’invasion et d’occupation de l’Europe, qui va en être parsemée. L’empereur leur a toujours accordé une importance majeure. Une Europe fortifiée sur terre, mais aussi sur ses côtes : l’instauration du blocus continental a accéléré une politique de fortification et d’édification sur le littoral pour faciliter leur surveillance, domaine dans lequel Napoléon possédait une grande expérience acquise notamment durant la période où, jeune général, il fut inspecteur des côtes de Provence.

La conférence mettra ainsi en avant les édifications militaires effectuées spécifiquement à La Rochelle et dans ses environs. Ce sont des documents d’une grande richesse technique et esthétique conservés dans les fonds du Service historique de la Défense (Dépôt des fortifications, cartothèque, fonds privés, collections de la bibliothèque, collection du ministre) qui seront présentés à cette occasion.


Olivier Accarie-Pierson

Olivier Accarie-Pierson est actuellement en fonction au Service historique de la Défense, au  département des fonds d’archives à Vincennes, au sein de la division en charge des archives du Génie, de l’Artillerie, de la photographie aérienne et de la cartothèque du service. Il a été co-commissaire scientifique de l’exposition Les forteresses de l’Empereur : Napoléon et ses ingénieurs militaires dans l’Europe en guerre, présentée en 2022, et a contribué à la rédaction du catalogue. Il est doctorant en histoire à Paris Sorbonne.
Il a été précédemment en poste aux archives de la préfecture de police de Paris, dont il a dirigé la salle de lecture, et y a réalisé deux expositions temporaires remarquées : Les archives russes, en 2011, et La rafle du “Vel’ d’Hiv’” : les archives de la police présentée à la mairie du IIIe arrondissement de Paris en 2012.


Jean-Alain est passé mercredi 15 février au chantier Joshua pour rencontrer le menuisier ébéniste. Il avait besoin de sa mémoire du bateau et de quelques photos d’archives pour reconstituer le grand puzzle des éléments constitutifs des planchers, cloisons et meubles.

Les phases de chaudronnerie et de peintures extérieures terminées, le grand barnum qui protégeait le chantier des intempéries a été démonté. C’est la « cathédrale » des décapeurs de rouille qui a été retrouvée par les techniciens du Musée Maritime et remontée sur le pont afin de protéger les travaux en cours, essentiellement à l’intérieur du bateau.