Livre de bord du 2 octobre 2026
Chef de bord : Richard
Équipiers : Martine, Hervé et Philippe
Embarquement avant l’aube
L’avant-veille, un courriel de Richard nous donne le programme : rendez-vous à 7 h 30 pour un passage de la porte du bassin à 8 h 30. Avec un vent d’est de force 2 à 3 et du soleil annoncé, les conditions promettent une agréable navigation de fin de saison.
Le jour n’est pas encore levé lorsque nous enjambons le bastingage du Capitaine de frégate Leverger, le canot de sauvetage auquel Damien est amarré à couple. À travers les hublots du roof, les lumières du coin navigation révèlent que Richard s’active déjà.
Nous franchissons les filières : nous voilà à bord de ce voilier mythique !
Après les présentations et les consignes de sécurité, chacun apprend la procédure de démarrage du moteur. Un bref point météo, puis le foc est sorti du pic avant, déroulé sur le pont et rapidement endraillé. Les écoutes sont nouées : nous sommes prêts à larguer les amarres.
Nous rejoignons la porte du bassin des Chalutiers pour attendre son ouverture. Entre-temps, le jour s’est levé. Devant nous, le chenal ouvre la route vers le large.

Cap sur le pertuis Breton
Après un détour par la station de carburant des Minimes, nous hissons la grand-voile avant de rejoindre le chenal. La dernière marque passée, Richard met la barre « aux enchères » : Martine remporte la mise !
Le vent s’établit progressivement, propice à une navigation vers le pertuis Breton. Nous doublons le port de commerce, puis les arches du pont de l’île de Ré se dessinent sur notre route. Quelques bords et contre-bords nous conduisent au nord du pont.
Nous abattons ensuite vers Saint-Martin-de-Ré. Le vent a fraîchi et Damien avance au-delà du travers, cap au 300. Chacun prend la barre à son tour et découvre le plaisir de mener ce voilier. Nous dépassons La Flotte, les regards déjà tournés vers notre prochaine escale : une bouée devant Saint-Martin, le temps du déjeuner.
Une pause devant Saint-Martin-de-Ré
Nous scrutons l’horizon. Trois bouées blanches apparaissent enfin. Le foc est affalé et rabanté dans les filières ; Richard reprend la barre pour une prise de bouée à la voile.
La bouée est amenée au maître-bau. Un équipier, à plat ventre sur le pont, se tient prêt à passer l’aussière dans son anneau. La manœuvre est promptement exécutée : nous voici amarrés.
Le pique-nique s’installe dans le cockpit. Quelques renforcements passagers du vent lèvent un petit clapot et ponctuent cette pause au grand air.
Des dauphins sur la route du retour
Il est bientôt temps de repartir. Nous quittons la bouée sous grand-voile, prenons un peu d’erre, puis hissons le foc. Damien accélère sur la route du retour.
Un groupe de dauphins noirs nous accompagne quelques instants. Une rencontre fugace qui ajoute encore à la magie de cette splendide journée !
En serrant un peu le vent, nous gagnons d’un seul bord l’arche du pont réservée au passage nord-sud. Sous le soleil de l’après-midi, la plage de Sablanceaux a retrouvé ses couleurs d’été.
Nous poursuivons dans le pertuis d’Antioche, bâbord amure, jusqu’à pouvoir parer le phare du Bout du Monde sur l’autre bord. Nous virons. Mais, après avoir adonné, le vent refuse : deux petits bords supplémentaires seront nécessaires pour atteindre l’entrée du chenal.
Nous affalons alors les voiles et remontons vers les tours au moteur, vent dans le nez.
Retour aux lumières du Vieux-Port
Dans notre dos, le soleil descend et colore superbement les vieilles bâtisses de pierre qui bordent les rives et les bassins.
Nous sommes en avance pour l’ouverture de la porte : Richard nous offre un tour du Vieux-Port. À 19 h 30, les portes s’ouvrent enfin et Damien regagne son amarrage. Les défenses sont en place, les amarres tournées. La nuit est tombée.
Ainsi s’achève une superbe journée de navigation. Grâce à la confiance de Richard, chacun a pu prendre la barre autant qu’il le souhaitait et découvrir un voilier aussi légendaire que docile.
Pour Hervé et moi, membres des Amis du musée depuis quelques jours seulement, quelle agréable journée de bienvenue !
Une expérience à vivre sans modération.
Philippe
